Déclaration des étudiants du Sud-Kivu face à la situation actuelle


Transmis par Emmanuël Nashi
Bukavu, RD Congo
20.02.00


Plus que jamais, la situation politique, sociale, économique et sécuritaire du Sud-Kivu en particulier, et des territoires sous contrôle du RCD interpelle et mobilise les énergies individuelles et collectives. Et face aux soubresauts du moment, l'unité et la solidarité restent le palliatif aux maux sans cesse endurés par nos populations. La jeunesse estudiantine de la ville universitaire de Bukavu refuse cette fois-ci d'assister impuissante à la descente aux enfers des générations confondues, bref de tout un peuple.

Appelée "Ferment de la société" ou encore "Espoir de demain", la jeunesse doit s'aménager des lendemains meilleurs en s'insurgeant contre toute déviation, inconduites et irresponsabilités de ses aînés. Celle de Bukavu, à travers nous, étudiants de cette ville-fantôme, dit NON AU MAL, et parce que dégoutée de la pourriture lui offerte ces jours, déclare comme un seul homme:

I. Les étudiants de Bukavu ne se reconnaîtront désormais que sous leur label d'étudiants. A cet effet, le démon de la division sous toutes ses formes (religieuse, tribale, ethnique, provinciale...) est battu et rejeté loin des universités, pour ne posséder que ses expéditeurs. Nous nous solidarisons ainsi avec les institutions catholiques et protestantes, et décrétons, dès la signature de la présente déclaration, un arrêt illimité des activités académiques jusqu'à la solution finale de la ridicule crise mal conçue et orientée contre les Eglises catholiques et protestantes (voir le document des "Banyamulenge" en réaction à la semaine Ville-morte). Nous exigeons pour ce faire le retour sans délai de l'Archevêque E. KATALIKO et la fin des tracasseries pour les autres bergers des brebis du Seigneur (Révérend KUYE...) pour les laisser accomplir leur mission divine sans entraves des politiciens.

II. Nous réitérons avec la population toute entière le voeu de voir les alliés du RCD quitter notre pays, notre province, notre ville. Et déjà, l'indifférence totale et un début d'hostilité envers eux auraient dû faire réfléchir les gens du RCD : MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERIR, dit le sage...

III. Nous considérons que toute la théorie qu'on nous enseigne en classe est vaine et que pour les intellectuels congolais ne s'applique pas l'adage "Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine". Ainsi, nous déclarons persona non grata sur tous les campus de la province et pour toujours, tout enseignant d'université actif dans le RCD ou vagabondant vers la recherche d'un quelconque positionnement dans ce mouvement. "Science sans conscience n'est qu'une ruine de l'âme". Nous disons non aux âmes en ruine !Les activités de ces prostitués, sorciers, aventuriers égoïstes, leurs prises de position et leurs discours nous laissent toujours un goût amer dans la bouche. Nous nous permettons de les citer nomément:

1. "Professeur" Séverin MUGANGU, U.C.B. 2. Professeur BITIJULA MAHIMBA, I.S.D.R. 3. Professeur BIFUKO BAHARANYI, I.S.D.R., U.C.B., C.U.B., U.E.A. 4. Professeur BIBOMBE, endragogue, visiteur U.C.B., C.U.B., U.E.A.

A ce sujet précis, il ne s'agit ni d'un canular ni d'un mauvais humour, mais d'une décision irrévocable, et dans le doute, la concrétisation du supplice préparé pour eux édifiera d'autres, aventuriers et mauvais opportunistes encore hésitants. Ce sera la plus grande preuve de notre ras-le-bol.

IV. Depuis une année et demi que dure cette guerre, nous en subissons les affres résumés dans la domination et les humiliations sans nom. Et comme si le diktat des armes ne suffisait pas, la domination (plus dangereuse celle-là) a pris des dimensions scientifiques. Il est vrai qu'on n'arrête pas la science. Cependant, la subite surcoopération scientifique en temps de guerre appauvrit nos institutions d'enseignement et les enseignants congolais pour enrichir les enseignants des pays qui nous oppriment. Nous mettons tout cet argent au compte du butin de guerre pour les uns, et d'effort de guerre pour les autres. Là aussi, un brin de témérité mettra le RCD et la communauté internationale devant une évidence regrettable. Que faute pour nos institutions de trouver le profil d'enseignants que nous exigeons, l'année académique prochaine et peut-être les suivantes soient déclarées blanches à notre demande. Un sacrifice de plus ne sera pas le coup de grâce à une jeunesse qui, née dans le sacrifice, s'en nourrit et y vit malgré elle. Nous suggérons des "Nullités locales (Assistants, C.T....) aux "Célébrités" assassines (Professeurs, chercheurs...).

V. Jusqu'au retrait des agresseurs-imposteurs, alliés du RCD et tant que durera la présente guerre, nous déclinons notre implication dans le fonctionnement de nos institutions ˆ la suite des décisions prises à un quelconque niveau par ces professeurs que nous vomissons. Désormais, une consultation directe s'impose.

VI. La présente déclaration étant l'engagement commun de tous les étudiants contre nos camarades agents du RCD, marchands invétérés, opportunistes impénitents, à ces jeunes sans idéal et leur adressons une mise en demeure, soit pour cesser avec leurs entreprises macabres, soit pour quitter définitivement le campus avant que la "hache" (pas celle du jury) ne s'abatte sur eux. Ils sont démasqués et bien connus, ces apprentis stratèges et leur sort est très imminent.

VII. Nous savons que les Accords de Lusaka ne sont pas tellement une tromperie mais plutôt une chance des Congolais et des autres pays impliqués dans la guerre en RDC. Malheureusement, il découle de la communication sans équivoque de Monsieur Charles PETRI (Faux agent de la MONUC) aux responsables des Universités et Instituts supérieurs et aux représentants des étudiants et de la chambre de commerce du Sud-Kivu en décembre 1999 dans la salle de réunion du HCR-Bukavu, que tout est mis en oeuvre pour l'échec du "plan A" (Accords de Lusaka), et qu'à la place, le "plan B" se dessine : autrement dit, et selon ses propres termes, "avec l'échec des accords de Lusaka, la R.D.C. va connaître "UN DESTIN DRAMATIQUE A COURT TERME". Tirez les conséquences de cette affirmation.

Pour cela, nous demandons avec insistance et urgence la concrétisation desdits accords, particulièrement le déploiement de la force d'interposition AUX FRONTIERES et non à l'intérieur du territoire congolais.

VIII. Nous prenons la communauté internationale à témoin et appelons de nouveau et pour la dernière fois à ce qu'il reste de bonne foi dans le RCD et à leurs alliés, et souhaitons que tous s'investissent dans la recherche des solutions à nos prétentions. Nous appelons toute la population à nous prêter main forte dans ce combat, du reste légitime, si à défaut d'être écouté, on nous oppose le silence comme on le fait avec les imbéciles. "Un homme averti en vaut deux". Fils du peuple, avec et pour le peuple, dans la lutte, nous vaincrons! Pour les étudiants de la Province du Sud-Kivu, les porte-paroles:

- U.E.A. : N. Mukambilwa- U.C.B. : Wilfrid Hamisi M.
- C.U.B. : Martin Mateso Barhalibirhu
- I.S.D.R. : Lubongera Lufaranga
- I.S.T.M. : Jérémie Kibukila
- I.S.P. : André B.
- UNIC-ISGEA : Balondwa Yenga Yenga
- I.S.I. : Philémon Bugangwa