Le 1/10/99 à 3 heures du matin, les escadrons de la mort "Sans échecs" ont
failli échanger des coups de feu avec des militaires. Les 2 troupes se sont
rencontrées par hasard à Nyamugari, un quartier populaire de la ville de Gitega
sans que leurs centres de commandement respectifs se soient préalablement
consultés. La présence des "Sans échecs" à Gitega est très inquiétante. Ils
attendent l'ordre et le matériel nécessaire pour commencer à tuer dans la ville
et ses environs, voire dans les provinces frontalières de Gitega, telles que
Ruyigi, Karusi et Rutana.
Les escadrons de la mort "Sans échecs" encadrés surtout par l'association P.A
Amasekanya (Puissance d'Autodéfense Amasekanya) effectuent actuellement des
descentes punitives contre la population en ville ou en province. Ces milices
Tutsi sèment la terreur et font la loi là où elles arrivent. A Gitega, les
"sans-échec" ont ordonné au gouverneur de la province, l'arrestation des
chauffeurs de taxi automobile et taxi vélo sous prétexte que ce sont eux qui
conduisent les combattants de la résistance armée. Ils le font pour trouver le
mobile de tuer des Hutu ou des Tutsi dits mous, qu'ils accusent de servir de
relais aux combattants de la résistance armée en guerre contre l'armée
gouvernementale. La nuit, ces "sans-échec" effectuent des patrouilles en tenue
militaire et le constat est tel que les escadrons de la mort et quelques
militaires échappent au haut commandement de l'armée et n'obéissent pas
toujours à l'hiérarchie militaire et administrative connue. Cette situation est
d'autant plus inquiétante, car l'opinion extrémiste Tutsi soutient que ces
milices sont là pour protéger la population et traquer l'ennemi, alors qu'ils
tuent et malmènent sélectivement une partie de la population. Les actes de
génocide sont commis au grand jour, et si rien n'est fait pour arrêter ces
pratiques, le Burundi risque de vivre une catastrophe à l'instar de celle du
Rwanda en 1994.