Texte de la conférence donnée par J. Matata à La Haye
le 14/11/2009
INTRODUCTION
D’après le dictionnaire, la délation
est une dénonciation intéressée
et méprisable. Un
délateur est une personne qui pratique la délation, un
dénonciateur. La délation dont nous parlons dans ce document est un système
criminel mis en place par le régime du (FPR) Front Patriotique Rwandais pour
calomnier et emprisonner des personnes innocentes. Ce régime a implanté au Rwanda
des milliers de syndicats de délateurs directement recrutés, formés, protégés
et financés par les agents de la DMI (Directorate of Military Intelligence).
Depuis juillet 1994 jusqu’à ce jour et sous
l’actuel régime rwandais, des veufs, des
orphelins, des militaires, des miliciens tutsi et des simples citoyens ont été
sensibilisés (pour certains rescapés tutsis du génocide), forcés (pour d'autres rescapés hutus des
massacres et des emprisonnements arbitraires), encouragés et sollicités pour se constituer en "associations ou syndicats de délateurs".
Ces "Syndicats
de délateurs" sont couramment utilisés dans la constitution de
faux témoignages et faux dossiers pour:
- permettre aux Forces
Rwandaises de Défense (FRD) et la branche de renseignements militaires "Directorate of Military
Intelligence (DMI) à sévir contre tous les hutus en général (considérés comme
des opposants et d’ennemis du nouveau régime) et plus particulièrement contre
des "anciens opposants hutus" rescapés du génocide, des
massacres, de la guerre et de la répression aveugle de l'Armée Patriotique
Rwandaise APR.
- faciliter et favoriser les
arrestations et détentions arbitraires (±90% des prisonniers rwandais
n'ont pas fait l'objet d'une enquête préliminaire). Chaque militaire, policier
ou milicien LDF (Local Defense Forces) (puisque le
Front Patriotique Rwandais (FPR) les a créées aussi) est autorisé à arrêter et
faire incarcérer des gens sans même les interroger ou les informer des motifs
de leur arrestation. Les magistrats des Parquets n'ont aucun pouvoir de
s'opposer à ces pratiques maffieux des militaires et policiers, des encadreurs
politiques et miliciens du FPR présents et puissants dans les villes et les
villages.
- permettre et faciliter la
confiscation ou l'occupation illégale des biens appartenant aux personnes
arrêtées injustement. Ce phénomène pousse aujourd'hui une bonne partie de hutus
innocents et impuissants à s'exiler du pays et décourage la grande majorité de
réfugiés hutus à retourner au Rwanda.
- intimider et éliminer des
éventuels et futurs opposants au nouveau régime de Paul Kagame.
Ce climat de délation, encouragé et entretenu par les détenteurs du "pouvoir occulte", est
responsable de la terreur qui s'exerce sur tous les citoyens rwandais, les
membres du Gouvernement, du Parlement, du Sénat et de la Magistrature sans
"pouvoir réel".
Toutes les "Institutions de l'Etat Rwandais” actuel (sauf les FRD) ne
jouissent d'aucune autorité et souveraineté et restent noyautées et paralysées
par les chefs militaires et politiques du FPR. Ces derniers sont impliqués dans
les crimes de génocide et font l’objet de 40 mandats d’arrêt délivrés le
06/02/2008 par le juge espagnol Andreu Merelles et 9 mandats d’arrêt délivrés le 17/11/2006 par le
juge antiterroriste français Jean Louis Bruguière. Au Rwanda l’impunité leur
est assurée.
Le "pouvoir
réel" est détenu par un petit "noyau de chefs militaires et politiques et
certains commerçants" extrémistes Tutsi qui n'ont qu'un seul
objectif: garder le pouvoir et
s’enrichir.
1) La délation avant le génocide
d’avril à juillet 1994.
La délation a toujours servi comme une arme
destinée à mâter les opposants depuis l’époque féodo-monarchique.
Souvent victimes de la délation et des intrigues que ce soit à
La plupart des 10.000 personnes présumées complices
du FPR, arrêtées et emprisonnées massivement en octobre 1990, furent victimes
de la « délation ». Cette délation était souvent motivée par des
règlements de compte, des cas de jalousies, la convoitise d’un emploi, etc…
2) Les syndicats de délateurs
créés par le Front Patriotique Rwandais après Avril 1994 :
En juillet 1994, après la victoire militaire du FPR et son arrivée au pouvoir,
la délation a été institutionnalisée, utilisée, encouragée et entretenue par le
« pouvoir occulte »
des extrémistes tutsi dominé par un noyau dur de chefs militaires et politiques
du FPR.
Dès avril 1994, les premiers noyaux de « syndicats de délateurs » ont apparu dans les camps de
rassemblement créés par le FPR pendant la guerre d’avril à juillet 1994. Des
personnes innocentes ainsi que leurs membres de familles furent accusés
injustement, enlevées et portées disparues. « Pointés du doigt », le mari, sa
femme et leurs enfants disparaissaient sans laisser des traces après leur
enlèvement par les militaires du FPR.
Entre septembre et novembre 1994, la mise en place de véritables syndicats de
délateurs tant au niveau national qu’international a été opérée par les extrémistes tutsi sur tout le territoire national et
dans plusieurs pays occidentaux. Ces syndicats allaient compliquer le travail
des magistrats courageux, honnêtes et consciencieux tant au Rwanda qu’à
l’étranger.
La consolidation de ces syndicats de délateurs s’est accompagnée par une
terrible « épuration ethnique et
politique de la Magistrature rwandaise ». Elle débuta par
l’enlèvement et la disparition du Président ad intérim du Tribunal de Première
Instance de Kigali, Monsieur Gratien RUHORAHOZA le 5 octobre 1994 parce qu’il
avait libéré des détenus dont les dossiers étaient tout à fait vides.
Plus de 40 magistrats hutu courageux et honnêtes
furent ciblés (par des délateurs manipulés par les extrémistes tutsi) et
emprisonnés en vue de les museler et de les écarter.
De nombreux détenus innocents libérés furent
interceptés devant les prisons tandis que d’autres furent maintenus en prison
par les militaires qui désobéissaient aux magistrats civils. Les personnes
libérées par les commissions de triage (mises en place par le Ministère de la
Défense, celui de la Justice et celui de l’Intérieur) furent reprises, portées
disparues ou assassinées chez eux quelques jours après leur libération. Ce fut
notamment le cas de l’ancien Sous Préfet de RUHANGO, Placide KOLONI, assassiné
puis brûlé chez lui avec sa femme, ses deux filles et leur domestique le 27
juillet 1995, soit trois jours après sa libération.
La Directorate of Military
Intelligence (DMI) s’ingère dans le travail de la justice par des enquêtes et
des arrestations arbitraires et illégales. Les listes de présumés génocidaires
furent confectionnées et publiées sur instigation des agents de la DMI qui
remplacent les Inspecteurs de
3) Les délateurs expérimentés se
transforment en acteurs de Cinéma
Au début en 1994, les délateurs étaient des
amateurs qui bricolaient plus ou moins des mensonges, de fausses preuves pour
calomnier des personnes désignées.
Aujourd’hui (15 ans après) les délateurs, qui ont
grandi dans la culture du mensonge et qui ont acquis beaucoup d’expérience dans
l’art de mentir, sont devenus de véritables acteurs de cinéma capables de jouer
dans plusieurs spectacles « judiciaires ». Depuis 15 ans, le régime
FPR a imposé au peuple rwandais la culture du mensonge comme un « nouveau
mode de vie ». Devant toutes les juridictions du Rwanda que ce soit les
tribunaux ordinaires ou les tribunaux GACACA, des citoyens Hutus sont victimes
du « Mensonge collectif ».
Celui qui tente de démonter ce mensonge est exclu, persécuté, emprisonné,
exilé, voire tué.
Si à Hollywood, l’industrie cinématographique a
enrichi de nombreux acteurs de cinéma, au Rwanda c’est l’INDUSTRIE
du GENOCIDE qui s’est développé durant ces 15 dernières années. Les
délateurs bien expérimentés dans l’ART de MENTIR et
de calomnier, sont très sollicités et utilisés dans les procès GACACA très
expéditifs qui ne visent qu’à condamner un maximum de citoyens Hutus
propriétaires de biens immobiliers et des propriétés terriens. Les
propriétaires, MORTS ou VIFS sont condamnés sans état d’âme avec l’objectif
immédiat de vendre aux enchères leurs biens pour soit disant « dédommager des rescapés Tutsis » qui
prétendent souvent avoir été pillés pendant le génocide. Naturellement, les
pillards sont des intellectuels et des hommes d’affaires Hutus qui seraient
devenus tous des voleurs pendant le génocide. En réalité, la plupart des procès
GACACA qui se tiennent aujourd’hui partout au Rwanda ne visent qu’à enrichir
les dignitaires du régime FPR et les syndicats de délateurs qui
facilitent les emprisonnements arbitraires des Hutus innocents. C’est cette
façon de s’enrichir en spoliant les biens des Hutus innocents qui est
qualifiée d’industrie du génocide rwandais.
Cette industrie du génocide a déjà ruiné plusieurs
familles Hutus, des veuves et des orphelins Hutus dont les maris et les parents
ont été massacrés par le FPR au Rwanda et au Congo. A l’aide des ventes aux
enchères, leur héritage familial est volé par des dignitaires tutsis sous la
couverture des tribunaux GACACA détournés, depuis 2002, de leur mission
principal : rétablir la vérité et
réconcilier les rwandais (voir Communiqué n°80/2005 du CLIIR).
Cette « industrie du génocide rwandais »,
sous couvert des tribunaux GACACA, a permis au régime FPR de raffiner sa
politique génocidaire contre des citoyens innocents. L’industrie du génocide a
transformé les GACACA en un système
d’escroquerie collective réglementée par des juges mercenaires,
des huissiers de justice, des policiers et des autorités administratives et
judiciaires du Rwanda.
A leur tour, ces autorités rwandaises, qui se sont
constitués dans de véritables bandes de gangsters, s’organisent pour localiser
des immeubles, des propriétés terriens appartenant à des Hutus innocents qui
sont ensuite convoqués, jugés, condamnés et emprisonnés à l’issue de faux procès
Gacaca. A l’aide des ventes aux enchères, ces
autorités ont déjà ruiné des dizaines de milliers de familles Hutu.
Pour des familles ou des rwandais Hutus exilés à
l’étranger, les tribunaux GACACA les condamnent systématiquement à perpétuité
et vendent aux enchères immédiatement leurs maisons et propriétés terriens. Les
acheteurs ne paient pas la valeur réelle des biens car l’objectif poursuivit
par les autorités rwandaises est d’appauvrir les Hutus innocents en
s’appropriant de leurs biens L’argent provenant de la vente des maisons est
distribué officiellement aux victimes Tutsis du génocide et officieusement les
juges GACACA et les autorités locales se partagent un certain montant. Parfois,
les juges GACACA inventent un faux dossier contre un riche propriétaire Hutu et
l’invitent (par l’intermédiaire d’un ami) à se racheter à coup de millions de
Francs rwandais. Lorsque des parents ont leurs enfants en Europe, ils
deviennent de véritables vaches laitières pour les autorités administratives et
judiciaires.
Pour faire prospérer l’industrie du génocide, les
tribunaux GACACA ont subit une terrible épuration
ethnique. En effet plus de 45.000 juges Gacaca
élus par la population en 2002, ont été disqualifiés par les autorités
rwandaises qui les ont tout simplement ajoutés sur les listes noires des
présumés génocidaires Hutus. Après cette épuration ethnique, les tribunaux
GACACA ont été à leur tour noyautés, contrôlés et paralysés par les agents de
la DMI qui les administrent officieusement.
Ainsi, lorsqu’un Hutu honnête est acquitté par le
tribunal de son lieu de résidence, les agents de la DMI, infiltrés dans le
Service National des Juridictions GACACA (SNJG), s’arrangent pour déplacer les
juges Gacaca d’une autre juridiction pour venir le
condamner en intimidant ou en refusant d’écouter les témoins à décharge. A
l’issue de plusieurs procès GACACA, des témoins à décharge ont été condamnés
eux-mêmes à des peines de prison comprises entre 3 mois et 30 ans (Voir le cas du commerçant Thomas KANYANGOGA de Kayonza, Kibungo dans la province
de l’Est dont 9 témoins à décharge ont été emprisonnés et d’autres mis en fuite).
L’élection de ces personnes intègres a permis au Régime FPR d’identifier des
Hutus honnêtes et connus pour leur intégrité morale afin de les neutraliser, de
les assassiner ou les emprisonner arbitrairement.
4) Des délateurs parmi les
agents et les hautes autorités de l’Etat :
On trouve les délateurs professionnels parmi les agents de l’Etat, les simples
citoyens et parmis les plus hautes autorités du pays.
L’on peut relever le discours incendiaire de Kibeho
prononcé par l’ancien président de la république, M. Pasteur BIZIMUNGU, qui
proposait le 7 avril 1999 que l’évêque de Gikongoro,
Mgr Augustin MISAGO soit exilé car il n’avait pas pu empêché les massacres dans
son diocèse. Il fut arrêté le 14/04/1999 et passa une année en prison d’où il
fut libéré le 15 juin 2000. Rappelons également le procès intenté contre le
Lieutenant Colonel Patrick KAREGEYA grâce à l’intervention d’un « délateur spécial »,
le général KABAREBE qui joua le rôle d’unique délateur dans ce procès.
5) Des juges GACACA sombrent
dans la délation institutionnalisée :
Dans plusieurs procès GACACA, les syndicats de
délateurs ont pris le dessus et semblent s’imposer partout au Rwanda. Lorsqu’on
examine plusieurs procès, on est choqué de constater la complaisance permanente
des responsables du Service National des Juridictions GACACA (SNJG) supervisé
par Madame Domithille MUKANTAGANZWA, une femme
juriste dont le mari fut longtemps le maire de la Préfecture de la Ville de
Kigali, Capitale du Rwanda.
Chaque fois qu’une juridiction GACACA locale juge
normal d’acquitter un intellectuel, un religieux ou un commerçant Hutu calomnié
par un groupe de délateurs, le SNJG intervient pour imposer un nouveau procès
avec une équipe itinérante des juges Gacaca soumis au
diktat de
· L’Abbé
Joseph NDAGIJIMANA, curé de
· Le
Docteur NIYITEGEKA Théoneste est un ancien candidat
aux élections présidentielles de 2003 et opposant politique au président Paul
KAGAME. Ce dernier lui a concocté un procès GACACA qui l’a condamné à 15 ans de
prison grâce à un seul « délateur spécial » envoyé par la présidence
de la république rwandaise. Il avait été acquitté à deux reprises par le tribunal
Gacaca de son lieu de résidence (Gahogo)
dans la ville de Gitarama.
· Nous
pouvons citer plusieurs cas où les délateurs ont monopolisé la parole et ou les
témoins à décharge ont été intimidés, chassés ou humiliés par les juges Gacaca soumis au pouvoir exécutif. Citons entre autres
quelques cas : Eugène NGABWA
condamné à 25 ans de prison alors qu’il est lui-même un rescapé du génocide. Il
a perdu sa femme tutsi et ses trois enfants pendant
les massacres d’avril à juillet 1994. Il est en prison pour rien. Le professeur
RUNYINYA Barabwiliza est détenu pendant 15 ans. Son
épouse est morte après avoir été détenue longtemps dans un container chauffé au
soleil à Kigali. Récemment il a été traduit devant le tribunal Gacaca à Kigali où aucun crime n’a pu être établi à sa
charge. Mais les juges l’ont placé sur la liste des plus grands planificateurs.
D’autres intellectuels et commerçants hutu innocents ont été condamnés
arbitrairement par les tribunaux GACACA : Aloys MUJYABWAMI (de Cyangugu),
le docteur vétérinaire Ambroise
CYUBAHIRO (de Nyanza), ainsi que
plusieurs médecins de Butare qui ont été condamné le
5/09/2007. Des députés et des sénateurs tels que SAFARI Stanley, Elie
BISENGIMANA, l’ancien président du Parlement Rwandais, Alfred MUKEZAMFURA,
Des intellectuels Hutus connus
pour leur intégrité sont condamnés arbitrairement : Le matin du
07/10/2009, ce fut le tour de l’ancienne Maire adjointe, Mme Domina
NYIRAKABANO, 51 ans, d’être à nouveau déposée dans la prison mouroir de Gitarama (Muhanga). Le tribunal Gacaca de Takwe à 50km de Nyabikenke, l’a condamnée à 30 ans de prison, et plus.
Selon l’accusation préfabriquée, elle et 4 autres intellectuels innocents (les
enseignants: NSENGIYUMVA Léon, GASIRINGI Joseph, PFUKAMADUSENGE
Christiane, RUTIHUNZA Emile) auraient, de passage à Takwe
en 94, suggéré à des délinquants postés sur un barrage génocidaire de tuer Mr Nkinahe, un natif de Takwe migré
et marié à Nyabikenke, voire assez proche de la famille
de Domina. Mr Nkinahe est hélas l’une des premières
victimes du génocide de Rwandais en 94. Et il aurait été tué à Takwe. Mais Domina n’a jamais mis ses pieds à Takwe.
Plusieurs personnalités
rwandaises et de nombreuses organisations des droits humains n’ont jamais cessé
de dénoncer « la délation institutionnalisée au Rwanda » :
…… « Une
question préoccupante touchant directement la justice et les droits humains est
celle des arrestations et détentions arbitraires prolongées sans aucun respect
des normes et procédures guidant la détention provisoire.
En effet, avec l’arrivée au pouvoir du régime en place à Kigali, en juillet
1994, plusieurs personnes ont été arrêtées sur simple dénonciation par des
autorités militaires et administratives (ne possédant aucune qualité légale en
matière d’arrestation et de détention provisoire) et accusées de participation
au génocide et autres crimes commis en 1994. Aucune instance judiciaire
n’existait alors.
Dans cette confusion générale, la délation a pris le dessus et
plusieurs personnes ont été jetées en prison par des gens voulant les
évincer des postes qu’elles occupaient dans l’administration publique
ou dans la société civile ou pour s’arroger leurs propriétés ou poussées par la
vengeance ou des règlements de compte. Le pouvoir militaro-politique en
a profité aussi pour incarcérer les personnes qu’il considérait comme opposants
politiques ».
…….. Un autre exemple de la violation du
principe de la présomption d’innocence est illustrée par des dispositions
prévoyant la confection,
avant jugement, de la liste des personnes rangées dans la première catégorie
des personnes
poursuivies pour crime de génocide et d’autres crimes contre l’humanité commis
au Rwanda. … Force est
de constater toutefois que la confection de cette liste a plus servi à un
agenda politique d’éliminer les personnalités de l’ancien régime
considérées comme
opposants politiques ou d’autres personnes ayant une certaine influence au sein
de la société civile
qu’à l’avancement des poursuites en permettant d’identifier les vrais
responsables du drame rwandais.
La conséquence de ces lois injustes a été le maintien en détention des
personnes qui, pour la plupart, viennent de passer plus de cinq ans en prison
sans qu’aucune charge ne soit portée contre elles……….
De fait, les différentes tentatives de faire la lumière sur ces dossiers ont
échoué, tant les autorités militaires et administratives qui ont procédé à ces
arrestations et détentions, actionnant la branche extrémiste
du mouvement des rescapés, ont bloqué toutes les
mesures visant à libérer les personnes contre qui ne pesait aucune charge……… Ainsi certaines personnes
libérées suite au non-lieu décidé par les magistrats de Parquet, ont été par la
suite victimes de meurtres et d’assassinats, emportant souvent aussi un grand
nombre des membres de leur famille……….
……..Une
illustration en est donnée par la pratique des magistrats du Parquet de mener des enquêtes seulement à
charge du prévenu, sans possibilité de confrontation entre le prévenu et le
témoin. Il en est de
même des représailles à
l’égard des avocats de la défense qui ont abandonné l’assistance des personnes
accusées suite à l’enlèvement et à la disparition d’un de leurs
collègues ». Rappel :
L’avocat Innocent MURENGEZI fut porté disparu en février 1997 quelques jours
seulement avant l’assassinat du Président du Conseil d’Etat, Monsieur Vincent
NKEZABAGANWA, mitraillé chez lui le 14 février 1997 vers 19h et achevé à
la baïonnette par des militaires APR qui se sont proposés pour le conduire au
Centre Hospitalier de Kigali (CHK) où sa femme le retrouva tout nu et le ventre
ouvert à la morgue une demi heure plus tard. Les habits et les militaires sont
restés introuvables ! Aucun médecin n’avait vu le cadavre.
2) Témoignage de Human Rights Watch
et la FIDH dans leur rapport d’Avril 1995 « Rwanda, persistance de
l’état de crise » :
« Un nombre important de dénonciations
repose sur de faux
témoignages, motivés par l’espoir de gains personnels (…), par la rivalité
politique, ou par des règlements de compte personnels. Human Rights
Watch et
3) Le Centre de Lutte contre
l’Impunité et l’Injustice au Rwanda a publié plusieurs Dossiers et communiqués
sur les « syndicats de délateurs » depuis mai 1996 (Voir « les
Syndicats de délateurs » Mai 1997). Lundi 23 avril 2001, devant la
Cour d’Assises de Bruxelles, le Coordinateur du Centre,
Les principaux Syndicats de
délateurs oeuvrant dans les pays occidentaux et manipulés par les membres
et propagandistes du FPR:
La carte et la liste des principaux Associations proches du FPR et faisant
partie du principal réseau extrémiste du FPR en Europe a été diffusée par le
Bulletin de liaisons Rwanda N°3 octobre-novembre 1995
et n°5 avril 1996 dans sa publication interne du réseau. Nous énumérons ici
celles qui ont été les plus actives dans la délation et la diabolisation
aveugle contre des intellectuels hutu réfugiés un peu
partout en Europe :
L’organisation londonienne
AFRICAN RIGHTS, a récemment fait arrêter l’abbé Emmanuel UWAYEZU, un
prêtre hutu résidant en Italie. Ce prêtre serait accusé de n’avoir pas pu
protéger plus de 80 élèves du groupe scolaire Marie Merci de Kibeho dont il était directeur en avril 1994. La directrice
d’African Rights, Mme Rakiya Omar, est la seule militante des droits humains qui
est tolérée par le régime du président Paul KAGAME au moment où feu Madame Alison Desforges n’étaient plus
autorisée à se rendre au Rwanda. Plus de 40 militants rwandais des droits
humains et membres du CLADHO (Collectif des Ligues et Associations de défense
des Droits de l’Homme au Rwanda) ont été contraints de s’exiler. Cette organisation
animée par
- Monsieur Innocent MAZIMPAKA, ancien Président de
- Le Docteur Sosthène
MUNYEMANA (ancien habitant de Tumba à Butare)
fut attaqué et présenté comme « le
boucher de Tumba : en liberté en France »
par African Rights dans son
magazine WITNESS, Issue 2, de février 1996. L’Université de Bordeaux, qui
l’avait engagé dans son projet sur le SIDA, fut contraint de le licencier suite
à cette campagne.
- Le Professeur Mathias
CYAMUKUNGU (ancien habitant de Butare) fut lui aussi
attaqué par African Rights
dans la seconde édition d’Août 1995 où plusieurs intellectuels et professeurs
hutu de l’Université Nationale du Rwanda furent la cible de cette organisation
londonienne qui s’est mise à faire de la délation pour le compte de la DMI et
les délateurs rwandais.
- Le représentant d’African Rights, Monsieur Théodore
NYILINKWAYA, n’a pas hésité à exposé les employés de la COFORWA (Compagnie des
Fontainiers du Rwanda de l’Abbé BOURGUET) en les dénonçant aux militaires APR
qui venaient eux-mêmes d’assassiner le représentant légal de COFORWA, Jean
Baptiste NGIRABATWARE, tué dans la soirée du 5 juillet 1997 avec sa femme et
ses cinq enfants. Ce représentant d’African Rights a livré aux militaires le fax qui expliquait cet
assassinat pour leur permettre de traquer celui qui l’avait rédigé. Cet ancien
employé de COFORWA est aujourd’hui réfugié en France.
- African
Rights a menti dans le dossier de Sœur
GERTRUDE et Sœur KIZITO puisque l’Adjudant Chef REKERAHO a nié avoir rencontré
un enquêteur de cette organisation. Cela veut dire qu’African
Rights a répercuté des éléments d’enquête réalisés
par quelqu’un d’autre.
- Le Général de Brigade Léonidas
RUSATIRA fut un ex-FAR qui a sauvé plusieurs dizaines de familles tutsi
pendant le génocide de 1994. Dans son dernier rapport « Livrés à la mort à l’ETO
(Ecole Technique Officielle de Kicukiro) et à Nyanza » de 112 pages publié le 11/04/2001
sur les histoires de civils rwandais abandonnés par des troupes de l’ONU le 11
avril 1994, African Rights
s’attaque à cet officier reconnu comme un héros et un homme juste qui a utilisé
tous les moyens à sa disposition pour sauver les personnes menacées.
- Amnesty
International fut attaqué par African Rights dans son livre de 263 pages publié sur
« l’insurrection dans le Nord-Ouest du Rwanda » le 22 septembre 1998.
Sur plusieurs pages African Rights
accuse cette organisation très crédible de publier des fausses informations sur
les massacres de civils non armés commis par l’APR
dans cette région. Ces accusations ressemblaient exactement à celles du
Gouvernement rwandais contre Amnesty International.
- Mgr André SIBOMANA fut un
ancien Directeur du journal catholique Kinyamateka lauréat de Reporter
Sans Frontières (RSF) (très critique contre toutes les dictatures) et Président
de l’ADL (Association Rwandaise pour la défense des
Droits de l’homme et des Libertés publiques). Il s’est fait attaqué par Rakiya Omar grâce aux manipulations des
extrémistes tutsi. Le Rapport de RSF, qui a enquêté sur son Lauréat, a
rétabli la vérité sur son innocence dans le génocide.
D’autres associations qui furent très actives dans
les années 1996 à 2002 se sont essoufflées petit à petit. Mais elles ont été
très nocives car elles s’attaquent systématiquement aux réfugiés rwandais
exilés en Europe, au Canada ou aux USA non pas souvent pour les crimes qu’ils
auraient commis, mais parce qu’ils sont nés Hutus.
Les réfugiés rwandais ne sont
pas dangereux, ils sont en danger et victimes d’une chasse à
l’homme qui ne semble pas prendre fin.
La délation est la plus vieille
arme de toutes les dictatures. Elle a beaucoup servi sous les régimes
soviétiques (sous Lénine et Staline) et les dictatures militaires de l’Amérique
Latine, en Afrique, en Asie et partout dans le monde où l’absence de démocratie
impose la violation permanente des droits humains et des libertés publiques.
La Haye le 14 novembre
2009,