6     Llectif                

AVRIL 1994
 

 


           RWANDA

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE CONCERNANT L’ARRESTATION ET L’EXTRADITION DE ROSE KABUYE POUR SON RÔLE PRESUMÉ DANS L’ATTENTAT TERRORISTE DU 06 AVRIL 1994, ATTENTAT DÉCLENCHEUR DU GÉNOCIDE RWANDAIS.

 

Chers compatriotes,

Chers amis,

 

Depuis que le FPR a attaqué le Rwanda à partir de l’Ouganda le 01 octobre 1990 jusqu’à ce jour, les massacres n’ont cessé de s’accentuer tant au Rwanda que dans toute la région des grands lacs d’Afrique. Ces massacres ont atteint le point culminant le 06 avril 1994 suite à l’attentat terroriste contre l’avion présidentiel rwandais.

 

Cet attentat a coûté la vie au président rwandais Juvénal Habyalimana, son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, son équipage et leurs très proches collaborateurs et fût l’élément  déclencheur du génocide rwandais. Dans la foulée, des millions de rwandais se sont réfugiés dans les pays limitrophes d’abord, puis enfin dans tous les coins du monde en quête de meilleures conditions de survie.

 

Soucieux de son avenir et éprise de sa volonté d'apporter sa contribution à la recherche d’une paix durable, et afin de prendre en main sa destinée, la jeunesse rwandaise en Belgique s’est mobilisée à travers notamment des manifestations pour informer la population d’accueil et la communauté internationale de la réalité sur la situation qui prévaut au Rwanda, car en effet, la communauté internationale restait noyautée par la diffamation du FPR au pouvoir au Rwanda. Le mot d’ordre étant : « JUSTICE POUR TOUS, JUSTICE EQUITABLE ».

 

A ce titre, le 06 avril 2001, le COSAR asbl a adressé un mémorandum au Ministre Belge des Affaires Étrangères, du Commerce Extérieur et de la Coopération Internationale. Dans ce mémorandum, on peut noter concernant l’attentat du 06 avril 1994, je cite : «  … les soupçons qui pèsent sur KAGAME, l’homme fort de KIGALI, commencent à s’entasser. … Finalement, à qui profite réellement ce crime? L’accusé lui-même qui est plutôt préoccupé par le dialogue inter congolais à la place du dialogue de ses compatriotes, ne fait aucun effort pour prouver son innocence et permettre l’identification de vrais coupables.

N’a – t – il pas intérêt à ce qu’il soit déclaré innocent par la justice? De quoi ce maître de leçons de démocratie et de justice, ce détenteur de « la vraie vérité » a – t – il réellement peur dans la découverte du vrai auteur de l’attentat du six avril 1994? ».

 

Dès le mois d’avril 2004, le journal français Le monde a publié l’information comme quoi le magistrat antiterroriste français s’apprêtait à lancer les mandats d’arrêt internationaux contre les responsables du FPR pour leur  rôle dans l’attentat terroriste du 06 avril 1994.  Se sentant un peu inquiété et dans l’intention de faire chanter la France et arriver à son marchandage, Kagame a créé la commission Mucyo en avril 2005 pour étayer sa thèse comme quoi c’est l’État français qui serait  impliqué dans la préparation et l’exécution du génocide rwandais.

Ce n’est qu’après le rapport  du magistrat français rendu officiel le 17 novembre 2006 et sur base duquel il a émis neuf mandats d’arrêt internationaux contre les responsables militaires du FPR et  a recommandé des poursuites contre le président Kagame devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) pour leur « participation présumée » à l’attentat contre l’avion présidentiel le 6 avril 1994,  attentat qui a déclenché le génocide que Kagame s’est sentit réellement préoccupé et a fait accéléré les travaux de la commission Mucyo, toujours dans l’intention d’avoir un outil de marchandage avec la France.

Malheureusement pour lui car, le 6 février 2008, la Justice espagnole  a lancé quarante mandats d’arrêts internationaux contre les dignitaires des Forces armées de Kagame, parmi lesquels 11 généraux pour « terrorisme et génocide ».

Le dimanche 09 novembre 2008, Mme Rose Kabuye, directrice du protocole de Kagame a été arrêtée à l'aéroport de Francfort en Allemagne sur base du mandat français et a été extradée en France le 19 novembre 2008. Mme Kabuye a été mise en examen par le juge antiterroriste Marc Trévidic pour « complicité d'assassinats » et « association de malfaiteurs », le tout en relation avec une entreprise terroriste. Elle est cependant remise en liberté sous contrôle judiciaire.

 

Il y a lieu de s’inquiéter si cette remise en liberté ne serait pas un aveu d’une justice à deux vitesses devant l’homme fort de Kigali. On se rappellera en effet la collision frontale en 2003 avec Carla Del Ponte, magistrate au TPIR et le pouvoir de Kigali. La magistrate s’apprêtait à poursuivre les suspects du FPR dans le génocide rwandais quand elle s’est vue écartée de ses fonctions à cause de ce conflit.

 

Kagame a toujours brandit la politique de diffamation, de chantage et de marchandage. En effet, le 26 septembre 2008,  M. Kouchner a déclaré après l'entretien de M. Sarkozy avec M. Kagame à New-York : « La situation est évidemment bloquée, puisque nous ne pouvons rien contre les mandats d'arrêt de la justice internationale ». De retour à Kigali, Kagame a supprimé l’utilisation du français, langue utilisée par plus de 90 % d’intellectuels  au Rwanda.

 

Après cette mise en examen de Rose Kabuye, Kagame a déclaré : « Nous attendons l'issue de ce procès. Nous voulons que l'abcès soit crevé ». De notre part, nous ajoutons, le moment tant attendu pour que la lumière soit faite sur le génocide rwandais est arrivé, soyons confiant en la justice et restons toujours fidèle à notre slogan : « JUSTICE POUR TOUS, JUSTICE EQUITABLE ».

 

 

Fait à Bruxelles, le 20 novembre 2008.

                                                                                     Albert RUKERANTARE

                                                                                     Président du COSAR asbl