6     Llectif                

AVRIL 1994
 

 


           RWANDA

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DU 13ème TRISTE ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE RWANDAIS.

 

Chers compatriotes,

Chers amis,

 

Ce 06 avril 2007, date de commémoration du 13ème triste anniversaire du génocide rwandais, je m’adresse à vous avec une très grande tristesse et par voix de communiqué. En effet, il était de notre habitude de nous réunir autour de la Stèle Commémorative du génocide rwandais érigée à Woluwe Saint Pierre pour déposer des bougies et des fleurs en vue de nous recueillir et faire notre deuil en rendant hommage à toutes les victimes de cette stratégie inqualifiable.

 

Lors de la commémoration du 12ème  triste anniversaire de cette tragédie, nous nous réjouissions enfin je cite « … Ce mémorial est le seul actuellement au monde où tous les rescapés et leurs proches, peuvent venir se recueillir librement sans être pourchassés par la machine à tuer de la junte militaire du Général Paul Kagame qui continue d’opprimer et de prendre en otage le peuple rwandais ».

 

A la même occasion, je fustigeais et exhortais mes compatriotes et amis engagés dans le même combat de chercher de la vérité et de lutter pour la justice équitable, la justice pour tous dans ce drame en ces mots « … Ces extrémistes tutsis qui ont noyauté toutes les institutions de l’État Rwandais ont même le culot de vouloir imposer leur autorité au delà des frontières de leur pays voire même de leur continent ».

 

Ce que nous craignions arriva sans tarder. En effet, en lieu et place de répondre à la lettre que la Société Civile Rwandaise (SOCIRWA), le COSAR asbl, le Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda (CLIIR), SOS Rwanda Burundi Congo asbl, AVICA asbl, KOMERA asbl avaient adressé au Bourgmestre de Woluwe Saint Pierre pour solliciter la présence des forces de l’ordre  pendant la cérémonie de commémoration   du génocide rwandais le 06 avril 2007, Monsieur W. DRAPS, Bourgmestre f.f a sorti un arrêté de police du Bourgmestre.

Dans cet arrêté, Monsieur W. DRAPS stipule, je cite « … Considérant qu’il nous revient que des citoyens désireux de créer la confusion entre le génocide Tutsi et les massacres Hutus perpétrés en 1994 au Rwanda pourraient vouloir se présenter de manière non autorisée le 06 avril 2007, veille du jour de la commémoration officielle du génocide Rwandais, devant le monument érigé avenue R. Vandendriessche en mémoire dudit génocide ;

Considérant qu’il est impératif d’éviter toute profanation du monument commémoratif;

 

Considérant les incidents liés à la commémoration du génocide Rwandais et survenus au cours des années 2005 et 2006 ainsi que les conséquences de ces incidents sur les relations entre la Belgique et le Rwanda et plus particulièrement entre la commune de Woluwe-Saint-Pierre et le district de Ruyumba;

 

Considérant qu’il est nécessaire, par conséquent, afin de faire cesser cette mise en péril de l’ordre public, d’interdire à l’endroit du monument commémoratif la tenue de toute manifestation la veille du jour de la commémoration officielle du génocide Rwandais;

 

ARRETE:

 

Article 1. Interdiction, est faite à quiconque de manifester le 06 avril 2007 à proximité du monument érigé avenue R. Vandendriessche en mémoire du génocide Rwandais et plus particulièrement aux abords de ce monument, à savoir dans l’avenue R. Vandendriessche, l’avenue Jules César et la rue Père E. Devroye … ».

 

Je ne m’attarderai pas sur le contenu de cet arrêté, car décidés de faire valoir notre droit et devoir de faire notre deuil, de nous recueillir et de rendre hommage aux nôtres, nous avons saisi le Conseil d’Etat. En attendant sa décision et dans le respect des lois de notre pays, nous avons décidé de suspendre momentanément pour ce 06 avril 2007, la cérémonie commémorative que nous avions prévue. Nous vous tiendrons informé de l’évolution.

 

Chers compatriotes,

Chers amis,

 

Ce 06 avril 2007 et eu égard à cet arrêté, je me permets seulement de revenir sur certains points que j’avais évoqués dans mon discours circonstanciel du 06 avril 2006 et qui sont toujours d’actualité. Il s’agit :

 

1.        « … la distinction entre les victimes d’une même tragédie et le mépris exprimé par les autorités rwandaises actuelles à l’endroit des victimes Hutu sont des comportements inhumains, cyniques et irresponsables. Depuis 16 ans déjà, les victimes hutus de la tragédie rwandaise déclenchée par les extrémistes du FPR sont des éternelles oubliées par le gouvernement rwandais, le TPIR et le gros de la Communauté internationale … » ;

 

2.        « … A l’heure qu’il est, personne ne devrait se sentir lié, forcé ou contraint d’être solidaire avec les assassins de son groupe ethnique, ou son groupe politique. Nous devons prendre le courage et l’exemple de nos compatriotes qui ont eu ou qui ont encore le courage de dénoncer les criminels de tout bord, même lorsqu’il s’agit de leurs proches membres de famille. L’idéal serait de dénoncer les vrais coupables et défendre des innocents en toutes circonstances. Ce n’est plus un secret pour personne que les personnes ayant osé  accuser les criminels du FPR sont constamment harcelées  et menacées par le pouvoir de Kigali. Je les invite à la persévérance … » ;

 

3.        « …cette Stèle commémorative n’est pas et ne doit par être le monopole d’un groupe ethnique. Il doit rester le mémorial de toutes les victimes de la tragédie rwandaise aussi bien rwandais qu’étrangers. Nul ne doit accepter d’être privé de son droit le plus élémentaire de pleurer les siens … » ;

 

Il y a lieu cependant de noter que certaines personnes et non des moindres commencent à tenir le taureau par les cornes pour le faire cracher la vérité.

 

On citera en passant que les journalistes d’investigation Charles ONANA et Pierre PEAN ont démontré dans leurs livres intitulés respectivement « Les Secrets du Génocide Rwandais » et « Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda, 1990-1994 » que les éléments de planification et d’exécution du génocide rwandais n'avaient pas été attribués à leurs auteurs réels.

 

De son côté, le juge anti-terroriste français Jean Louis BRUGUIERE dans son rapport sur l’attentat terroriste du 06/04/1994 a conclu que cet attentat est l’élément déclencheur du génocide rwandais et qu’il a été planifié et exécuté par le FPR du général Paul Kagame. Le juge en charge de cette affaire a signé neuf mandats d’arrêt internationaux contre les plus hauts responsables du FPR et a demandé que le président rwandais lui-même, M. Paul Kagame, soit déféré devant le TPIR.

 

Les organisations internationales des droits de l’home en l’occurrence Amnesty International dans sa déclaration publique du 12 décembre 2006 et Human Rights Watch par la voix de Madame Allison Des Forges, témoin-expert au Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) et responsable pour l’Afrique ne doutent plus de la responsabilité du FPR dans le génocide rwandais.

 

Enfin, ce n’est pas pour rien que le régime de Kagame semble vouloir mettre en place une commission d’enquête sur l’attentat terroriste contre l’avion du Président Rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue Burundais Cyprien Ntaryamira, attentat qui déclencha le génocide rwandais le 06 avril 1994 au même moment où ce même régime commémore à Paris le 06/04/2007, sous le thème « … colloque sur le Rwanda : 13 ans après, … ».

 

Chers compatriotes,

Chers amis,

 

Devant le silence complice d’une communauté internationale qui continue de soutenir financièrement, militairement, diplomatiquement et politiquement le régime criminel, terroriste et antidémocratique du FPR et Paul KAGAME, soyons motivés et persévérants pour réclamer que justice soit rendue à toutes les victimes de la tragédie rwandaise.

 

Ensemble continuons notre combat pour la justice, le respect de l'autre et la dignité humaine, disons non à la terreur, non à la discrimination des victimes, OUI à la justice équitable, OUI à l’égalité des droits et  OUI à notre devoir de rendre hommage aux nôtres victimes de la tragédie rwandaise.

 

Fait à Bruxelles, le 06 avril 2007.

                                                                          

 

                                                                             Pour le Comité d’Organisation

                                                                             Albert RUKERANTARE

                                                                             Le Président du COSAR asbl