Mémorandum adressé aux Autorités
belges
à l’occasion de la 11èmè commémoration de la tragédie rwandaise
le 06 avril 2005
Préambule
Il
est du devoir de chacun de rendre hommage à toutes les victimes des exactions
et atrocités commises dans le monde et en Afrique, mais plus particulièrement
rendons hommage aux victimes de la barbarie des tueurs et assassins dévoilés
depuis 1990 au Rwanda, au Congo et au Burundi.
Rendons
hommage aussi à toutes les personnes qui combattent pour la dignité humaine, la
justice, la vérité et le respect des droits humains, afin que chacun puisse
s'épanouir dans des sociétés solidaires.
Nous
condamnons fermement tous les massacres commis dans la région des grands lacs,
nous réclamons la justice pour toutes les victimes et les sanctions exemplaires
pour les auteurs de ces crimes commis dans la région des grands lacs.
Le 1er octobre 1990 le peuple rwandais qui vivait
dans le calme et qui cohabitait pacifiquement, s'est réveillé sous les tirs
nourris des armes du FPR. Ce dernier était composé essentiellement de
militaires de l'armée ugandaise (la NRA) et des réfugiés tutsi rwandais dont
les représentants avaient refusé le plan de retour ou d'intégration dans les
pays d'accueil.
En
effet, un accord avait été signé entre le gouvernement rwandais et les
représentants des réfugiés devant le HCR. Le
FPR préféra recourir à la guerre et
attaqua le Rwanda afin d’imposer son hégémonie
en chassant et en exterminant tout sur son passage. Cette attaque
d'octobre 1990 visait surtout la prise du pouvoir par les armes en violation du
droit international.
Dès
son invasion du Rwanda le 1er octobre 1990 à partir de la frontière de
Kagitumba, le FPR a massacré les populations civiles du pays, les a chassées de
leurs biens et les a acculées à une vie atroce d'errance sans précédent. Les
massacres ciblés de la population ont incité celles ci à fuir ses bourreaux.
Dès le départ le FPR s’est posé en victime et amena l'opinion internationale à
présenter le problème en sa faveur.
Les
déplacés de guerre qui se comptaient par milliers depuis déjà 1990 ont atteint
plus d’un million en 1993. Ils ont subi des atrocités sans nom de la part du
FPR. En premier lieu, celui-ci s'est acharné sur les préfectures de Byumba et
Ruhengeri qui étaient le grenier du pays dans le but de faire souffrir de faim
tout le Rwanda en général et la population déplacée en particulier. Les
déplacés qui retournaient chez eux à la recherche de la nourriture dans leurs
champs étaient tués ou mutilés; en plus les maladies ont fait beaucoup de
victimes parmi les déplacés de sorte que l'on comptait dans ces camps
une victime chaque heure
A
maintes reprises, le FPR a attaqué les camps de déplacés de guerre, avec des
armes lourdes et à la bombe. Le camp de Nyacyonga fut le dernier à être pris d'assaut
à l'arme lourde en 1994. Après la prise du pouvoir par le FPR, ces pratiques
n'ont pas cessé car le camp des déplacés de Kibeho fut attaqué en 1995 et les
déplacés furent atrocement exterminés.
Depuis
cette prise du pouvoir en 1994, les exactions se sont multipliées: les
détentions arbitraires, les traitements dégradants, les viols de femmes et de
petites filles souvent accompagnés de la contamination par le virus du SIDA
(VIH), les disparitions, les assassinats et les fours crématoires, (pour faire disparaître toute trace),
...etc. Tout ceci avec la bénédiction de l'oligarchie au pouvoir composée
spécialement des membres du FPR venus de l'Uganda avec à leur tête Paul Kagame.
L'esprit
belliqueux du FPR l'a amené au Congo pour une guerre de pillage sous prétexte
que ses frontières étaient menacées par les réfugiés. Pour lui la solution
n'était autre que d'aller décimer les réfugiés hutus en les pourchassant
partout où ils pouvaient s'abriter. Sa pratique dans la guerre de conquête du
Rwanda, de brûler les corps de ses victimes ou de les transporter vers des
cachettes éloignées dans le but de les dissimuler, a été vérifiée et rapportée
par la presse et par plusieurs organisations humanitaires dont le HCR .
Le FPR a toujours déclaré qu'il menait une lutte pour
les droits de l'homme, mais en réalité il foule au pied les droits humains les
plus fondamentaux et en particulier le droit à la vie. Pour lui tous les hommes
ne sont pas égaux en droits.
Récemment il a mis sur pied une commission
parlementaire chargée de harceler les ONG et les organisations de défense des
droits de l'homme plus proches de la population; le cas de la LIPRODHOR est
éloquent, et ce dans le seul but de pouvoir agir sans témoins. Aussi, le FPR a
sciemment sacrifié les siens pour mieux asseoir son pouvoir.
Naïf est celui qui a cru et qui croît aux discours
fallacieux et bien calculateurs du FPR. Suite à la tragédie qu'a connue le
peuple rwandais, ce mouvement rebelle, après sa conquête du pouvoir en 1994,
s'est arrogé des pouvoirs excessifs allant même jusqu’à avoir le droit de vie
ou de mort sur la population entière, droit qui avait été banni avec la
monarchie par la révolution de 1959.
Toutes les familles rwandaises ont été
touchées par les massacres. Les rescapés des trois composantes de la famille
rwandaise (les tutsi, les hutu et le twa) ont droit de commémorer les leurs et
de réclamer la justice pour toutes les victimes. C'est la condition sine qua
non pour avoir la paix à travers la
réconciliation dans cette région.
1.
L’ATTENTAT
DU 6 AVRIL 1994 ;
ELEMENT DECLENCHEUR DE MASSACRES A GRANDE ECHELLE
Le 6 avril 1994, un avion
présidentiel (un Falcon 50)
transportant deux chefs d'Etat africains celui du Rwanda et son homologue du
Burundi, leurs suites et trois pilotes français est abattu par un missile SAM
16 d’origine russe au dessus de Kigali (la
capitale du Rwanda). Cet attentat perpétré devant les casques bleus de
l'ONU allait déclencher des massacres bouleversants et choquants dont les
dimensions à la fois politiques et ethniques sans commune mesure allaient
ravager tout le Rwanda.
Le dossier de cet attentat a été aussitôt enterré et
personne n'a plus cherché à savoir qui avait commis ce crime abominable qui a
décimé les rwandais (les bahutu, les batutsi et les batwa) et qui a endeuillé
beaucoup d'autres familles: des burundais, des belges, des français, des
espagnoles, etc … Certaines ONG viennent seulement de porter plainte contre le
FPR et son dirigeant le général Paul KAGAME le 22 février de cette année.
Selon l’agence française de presse (AFP) les USA avaient
prévu le génocide mais ont soutenu le retrait de l'ONU. « Le gouvernement américain avait entièrement prévu les
massacres au Rwanda qui ont suivi la mort du président rwandais en 1994 mais
ont toutefois jugé qu'il n'y avait pas "suffisamment de
justifications" pour maintenir des forces de paix dans le pays, selon des
rapports déclassés rendus publics ».
L'Etat rwandais et son président Paul Kagame ont
voulu depuis toujours imposer le silence sur cet attentat et empêcher que la
vérité éclate sur les vrais auteurs des crimes qui ont été commis au Rwanda et
qui se poursuivent aujourd'hui dans l’impunité et dans l'indifférence
complice de la communauté internationale .
Suite aux tergiversations du TPIR (Tribunal Pénal International pour le
Rwanda) à enquêter sur cet attentat, il y a lieu d’émettre deux
hypothèses :
-C'est que si cet attentat n'avait pas eu lieu,
peut-être que le génocide n'aurait pas eu lieu. En supprimant le Président Habyarimana que F. Mitterrand
avait comparé à une écluse contre le déferlement de la violence, on a assassiné
celui qui aurait pu l'empêcher. Celui qui a perpétré cet attentat le savait
très bien "on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs"
dixit Rutaremara. Du coup une autre question trouve sa réponse: les auteurs de
l'attentat sont les vrais planificateurs du génocide. Qui sont-ils ces
planificateurs? A qui profite ce crime? Le refus d'enquêter sur cet attentat,
est la preuve que ceux qui sont sous les verrous n'ont rien à voir avec cet
attentat.
-Qui alors le procureur cherche-t-il à protéger? Qui
empêche alors le Tribunal de fonctionner et de travailler sur un fait qui
relève de sa compétence? Que craignent les puissances du Conseil de sécurité
qui l'ont mis en place, notamment les autorités des Nations Unies et des
Etats-Unis? Les témoignages de ses
anciens collaborateurs, notamment MUGABE Jean Pierre et le Lt Abdul RUZIBIZA,
imputent clairement la responsabilité de l'attentat au FPR et à son général Paul KAGAME;
Plusieurs
autres témoignages font état de ces affirmations comme par exemple le
témoignage de M. Remigius Kintu « The
truth behind the rwanda tragedy » du 20 mars 2005 à l’attention du
TPIR et le livre de M. Honoré NGBANDA NZAMBO, ancien conseiller spécial du
président Mobutu « Les crimes
organisés en Afrique centrale », livre qui révèle les réseaux dans la
complicité des multinationales, des hommes politiques et des supers puissances
de ce monde dans la tragédie rwandaise, Africa Crisis Reaction Initiative
(ACRI) n’en démord pas avec son témoignage, comme d’ailleurs le témoignage de
Michel Chossudovsky de 2003 « The
civil war in Rwanda and the ethnic massacres were an integral part of US
foreign policy, carefully staged in accordance with precise strategic and
economic objectives », Charles ONANA, journaliste d’investigation dans son témoignage « Les secrets du génocide rwandais, enquête sur les mystère d’un
président » est on ne peut plus clair ; etc...
Les différents Gouvernements
rwandais, mis en place par les «pouvoirs occultes »
devront tous répondre des génocides, crimes contre l’humanité et crimes de
guerre commis au Rwanda et dans les pays voisins depuis le 1er octobre 1990.
Aujourd’hui, toutes les
Institutions de l’Etat Rwandais sont paralysées et complètement contrôlées par
un noyau dur des chefs militaires et politiques du FPR qui jouissent d’un
« pouvoir occulte » ; ce
qui leur permet de disposer du droit de vie ou de mort sur tout citoyen et
résident au Rwanda. Les massacres des populations civiles, les exécutions
sommaires, le terrorisme d’Etat, les assassinats politiques, les enlèvements,
la torture, la déportation, les emprisonnements arbitraires, la délation
institutionnalisée, le chantage, le squattage des biens d’autrui sont des
« stratégies efficaces et rentables »
utilisées et exploitées par ce « noyau
d’extrémistes» qui a accédé au pouvoir par la force. Ce noyau tient le
peuple rwandais en otage.
Dans le régime actuel, aucune
autorité, aucune Institution (Gouvernement,
Parlement, Magistrature, Armée) n’est capable d’arrêter les massacres, la
terreur, l’arbitraire, le squattage et le pillage des biens d’autrui et le
chaos généralisé.
Tous les observateurs et organisations des droits
humains n’ont eu de cesse de dénoncer la mauvaise foi et le manque de volonté
politique qui a caractérisé le régime mis en place par le FPR. Ainsi, lors de
sa visite au Rwanda le 7 décembre 1997, le Haut Commissaire des Nations Unies
aux Droits de l’Homme, Madame Mary ROBINSON, a brisé le silence diplomatique
sur la situation au Rwanda, en formulant de sérieuses critiques à l’égard du
gouvernement de Kigali. Elle a dénoncé la « concentration chronique du pouvoir politique et du processus de prise
de décisions dans le pays ».
Le régime de Kigali, dominé par
les chefs et les conseillers militaires de l’APR qui semblent avoir constitué
un « gouvernement parallèle », continue d’exploiter, à des fins
privés, la tragédie rwandaise que le FPR a pourtant déclenchée.
Plusieurs autres organisations
des droits humains, telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH,
Physicians Humans Rights, les Rapporteurs spéciaux et les Observateurs des
droits de l’homme de l’ONU, n’ont
jamais cessé de dénoncer, devant les institutions rwandaises et l’opinion
publique internationale, ces crimes contre l’humanité. La
terreur, l’exclusion, la manipulation, le mensonge, la corruption et
l’oppression sont devenus quelques unes des armes terrifiantes pour “museler et asservir le peuple rwandais”.
Le déclenchement des guerres
civiles, l’assassinat et la déstabilisation des opposants politiques exilés en
Afrique et en Europe constituent des stratégies du régime de Kigali. Suite à
l’impunité dont jouissent les criminels au sein du FPR, ils se vantent des
crimes qu'ils ont commis. Les propos tenus par Deus KAGIRANEZA , ancien
officier et député du FPR, lors de son audition devant le Sénat belge
illustrent correctement la situation « Nous avons donc mis Kabila en place, entouré de
généraux rwandais afin de gérer l'armée. Il s'agissait de Banyamulenge
d'obédience rwandaise, aussi mal vus chez eux que chez nous. On venait, en effet, de commettre des
génocides dénoncés par la presse dans la région du Congo. Cela a exacerbé le mépris de ces troupes qui
faisaient des bêtises au Rwanda et qui, une fois au Congo, ont fait les mêmes
bêtises. Ils contrôlaient la sécurité intérieure, la diplomatie et même
l'exploitation des mines ».
Quelques actes criminels et à caractère
génocidaire démontrent à suffisance que le FPR et son général Paul KAGAME ne
veulent pas coopérer mais plutôt qu’ils font tout pour saboter les enquêtes du
TPIR au lieu de collaborer à l’identification des militaires du FPR accusés
d’actes de génocide. Ils sont tout à fait conscients qu’ils ne pourront pas
échapper éternellement à une enquête et une justice indépendante car des
témoignages et des faits concrets sur leur projet intentionnel et criminel les
accablent. Il s’agit notamment des
faits qui suivent et qui ne peuvent pas plaider en leur faveur .
Le Front Patriotique Rwandais a utilisé ses
militaires, ses milices ou ses brigades clandestines infiltrées sans oublier
l’exploitation sadique des combattants en civil ou en uniforme des ex-Forces
Armées Rwandaises. Dans sa soif du pouvoir et sdns son machiavélisme inné, le
Front Patriotique Rwandais n’a pas hésité à exposer sciemment des civils y compris des tutsis.
Les calculs du FPR pour tirer profit du génocide qu’il a exploité l'ont
poussé à s’opposer à toute intervention ou interposition des forces étrangères
ou internationales dès avril 1994. Toute la population était sans défense
ni protection.
Ø
Après l'assassinat du président HABYALIMANA le 06 avril 1994 les
massacres des tutsi par les extrémistes ont commencé.
Ø Dans la même nuit, le FPR a commencé les massacres
des populations civiles hutu dans les environs de son campement au CND, et avec
la reprise des combat dès le 07 avril, son armée a massacré systématiquement
des dizaines de milliers de hutu dans les zones de Byumba, Kibungo, Kigali
rural et dans les communes de Kacyiru, Remera et Kicukiro.
Les déplacés de guerre des Camps de Nyacyonga et Rutongo (dans Kigali rural) chassés de leurs biens, étaient
majoritairement des rescapés hutu de la préfecture de Byumba. Ils ont vécu les
atrocités du FPR depuis le début de la guerre le 01 octobre 1990, ils ont perdu
des membres de leurs familles et ont été de nouveau attaqués dans leurs camps
les 9 et 10 avril et ont fui vers le
centre du pays à Gitarama.. Il y avait beaucoup de cadavres (bagages au
dos) surtout de femmes, de vieillards et d’enfants tout le long de la route
Kigali-Nyacyonga-Rukomo-Byumba, dans les caniveaux et dans les buissons.
Ø
Après la prise du pouvoir en 1994, les exactions se sont
multipliées: les détentions arbitraires, les viols de femmes et de petites
filles souvent accompagnés de la contamination par le virus du SIDA (VIH), les
disparitions, les assassinats et les fours crématoires, (pour faire disparaître
tout traces…
Ø
Le 7 avril 1994
dans l’après midi, les troupes du FPR,
installés au CND, avaient déjà investi la zone démilitarisée de Remera par la
MINUAR et une partie du secteur Kacyiru. On
comprend mieux ici les accusations du représentant spécial des Nations Unies,
Jacques Roger Booh Booh dans son livre « Le patron de Dallaire Parle, Révélations sur les dérives
d’un général de l’ONU au Rwanda », sur la complicité du général Dallaire, Après s’être installées
dans la zone démilitarisée par la MINUAR, les troupes du FPR ont commencé à
massacrer de nombreux civils essentiellement hutu dans les secteurs proches de
leur cantonnement (les bâtiments du Parlement rwandais-CND) Remera, Kimihurura
et Kacyiru ; les grandes figures de l’opposition n’ont pas été épargnées.
Ø
Le 8 avril 1994
dans la matinée, les soldats du FPR ont
attaqué plusieurs habitations et massacré plusieurs dizaines de familles
entières de dignitaires hutu (préfet,
hauts fonctionnaires et officiers militaires hutu des FAR dans les quartiers
résidentiels de RUKIRI et KIMIRONKO dans le secteur REMERA I et II aux
alentours du Stade National AMAHORO de Remera au nord-est de la capitale
Kigali). Ces massacres qui visaient d'une manière sélective une
ethnie doivent être qualifiés et sanctionnés. Les déplacés de guerre
qui s’étaient mis sous la protection des casques bleus de l’ONU au Stade
Amahoro de Remera sans oublier les massacres de grande ampleur commis à
l’Hôpital Roi Fayçal de Kacyiru sous les yeux des casques bleus tunisiens de
l’ONU. Dans toutes les préfectures sur son chemin de guerre le FPR a continué
ses massacres systématiques ou sélectifs dans les zones qu’il contrôlait.
Le témoignage accablant de l’ancien Chef du Service
Civil des Renseignements du 19 juillet 1994 au 30 août 1995, Sixbert
MUSANGAMFURA, devrait convaincre le TPIR pour qu’il procède plutôt à l’arrestation
du Général Paul KAGAME et ses lieutenants et la communauté internationale pour
qu’elle traite objectivement et équitablement le problème du Rwanda. Il affirme
avoir reçu des éléments d’information, avec des preuves irréfutables, sur les
massacres ethniques commis par des éléments de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), des cadres du FPR, des
responsables politiques et administratifs et des rescapés du génocide. En
effet, dans son communiqué « j’accuse
le FPR de crimes de génocide…. » fait à NAIROBI le 8 décembre
1995, Sixbert MUSANGAMFURA a déclaré que des données fiables prouvent
que jusqu’en juillet 1995, le FPR avait massacré de façon délibérée autour de
312.726 personnes dans des crimes de représailles et de contre génocide. Il a donné des chiffres qui n’étaient pas
exhaustifs par préfecture. De ce nombre, il affirme avoir pu établir des listes
nominatives de plus de 104.800 personnes tuées par le FPR après sa victoire. Il
a dit disposer des noms de plus de 173 fosses communes des victimes du FPR sans
compter des milliers de cadavres brûlés à l’essence, entassés dans les latrines
ou jetés dans le fleuve AKAGERA. Des milliers d’autres cadavres de civils
hutus ont été transportés par camions vers d’autres lieux où des escadrons de
la mort du Directorate Military Intelligence (DMI) et des soldats fossoyeurs restaient en permanence. Des zones
dites militaires et interdites d’accès aux forces de la MINUAR, aux ONG, aux
observateurs internationaux des droits de l’homme de l’ONU, aux autorités
civiles et à la population, abritaient les charniers à cette époque.
TABLEAU DE
QUELQUES MASSACRES
CONNUS DANS QUELQUES PREFECTURES ET COMMUNES
|
Dates |
Lieux |
Sources |
Nombre
|
|
1990-1993 |
Ruhengeri-Byumba |
Les
ONG et témoins oculaires |
300
000 |
|
Avr-Sept
94 |
Kibungo |
Expert du HCR GERSON |
30 000 |
|
19/06/1994 |
Gitarama (Mukingi) |
Rapport Human Rights Watch |
500 |
|
26/02/1995 |
Ruhengeri
(Kigombe) |
Témoin
occulaires |
60 |
|
03/03/1995 |
Ruhengeri |
Alex
Kanyarengue (rx-Président du FPR) |
300 |
|
18-22/2/1995 |
Camp de Kibeho |
ONG |
18 000 |
|
Juillet
1995 |
Fausses
communes |
Sixbert
MUSANGAFURA (journaliste) |
312
726 |
|
11-12/9/1995 |
Gisenyi
(Kanama) |
|
110 |
|
25/11/1995 |
Gikongoro
(Nyungwe) |
Human Rihts Watch |
27 |
|
06/08/1996 |
Ruhengeri
(Nyamutera) |
Bourgmestre
BUGINGO |
50 |
|
05,
09,10/1996 |
Gisenyi
Karago,Giciye, Nyamutera) |
Amnesty International |
169 |
|
03/03/1997 |
Ruhengeri( Kigombe, Nyakinama, Mukingo) |
CLIIR |
300 |
|
23-24/03/97 |
Gisenyi
(Mutura) |
Témoin
oculaire du Bistrot |
210 |
|
27-28/04/97 |
Gisenyi
(Muramba) |
Témoin
oculaire belge |
22 |
|
03/05/1997 |
Gisenyi
(Karago) |
CLIIR
(Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda) |
10 |
|
10/05/1997 |
Gisenyi
(Karago) |
CLIIR |
31 |
|
17/05/1997 |
Gisenyi
(Karago) |
CLIIR |
15 |
|
08/06/1997 |
|
CLIIR |
120 |
|
08/06/1997 |
|
CLIIR |
38 |
|
09-12/05/97 |
Ruhengeri
(Nkuli) |
CLIIR |
1 400 |
|
11/05/1997 |
Ruhengeri(Cyabingo) |
CLIIR |
35 |
|
16/05/1997 |
Ruhengeri (Cyabingo) |
CLIIR |
175 |
|
27-30/05/97 |
Ruhengeri (Nkuli) |
CLIIR |
9 |
|
08/08/1997 |
Gisenyi
(Kanama) |
Rescapés
des massacres par Hélicoptère |
300 |
|
22/08/1997 |
Gisenyi
(Camp de Mudende) |
Rescapés
des réfugiés conolais |
. 128 |
|
08/10/1997 |
Gisenyi
(Camp Mbuga-Ngali) |
Rescapés
des masscres |
3 000 |
|
24,27/10/97 |
Gisenyi,
Kayove et Kanama) |
CLIIR |
8 000 |
|
20/11/1997 |
Gisenyi
(Giciye) |
CLIIR |
288 |
|
25/11/1997 |
Gisenyi
(Karago) |
CLIIR |
36 |
|
3/12/1997 |
Gitarama (Bulinga) |
CLIIR |
19 |
|
10/12/1997 |
Gisenyi (Camp Mudende) |
CLIIR |
1 643 |
|
25/12/1997 |
Gisenyi (Rubavu) |
CLIIR |
398 |
|
11-12/01/98 |
Gisenyi (Rubavu) |
CLIIR |
250 |
|
19/09 1998 |
Gisenyi (Brasserie) |
CIIL |
80 |
|
1996-1997 |
Camps
en RCD |
Rapport
ONU et ONG |
200
000 |
|
|
|
|
|
|
Total
partiel |
|
|
877
449 |
Dans ce tableau, le caractère
répétitif, sélectif et systématique est prouvé par les lieux et les dates. Il
s'agit de génocide et des crimes contre l'humanité à l'égard des hutu. Ces
crimes doivent aussi être poursuivis et punis. Les rescapés des familles de
toutes ces victimes sont interdites de commémorer ou d'enterrer dignement leurs morts. La discrimination ethnique
du FPR concerne même les morts !!!!!
3
LES MASSACRES DES AUTORITES
POLITIQUES MILITAIRES ET DES FONCTIONTIONNAIRES
8.
Le 16 janvier 1997 à 21h, le député du Parti Libéral, Evariste BURAKARI,
a été assassiné par le Sous Lieutenant Kabera accompagné par deux autres
militaires dont le Lt Rugira, commandant de la compagnie militaire de Rutare en
commune Rutare au Rwanda;
9. Plusieurs officiers et sous-officiers des
ex-FAR intégrés officiellement dans l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) à
partir du 25 janvier 1995 ont été emprisonnés dès le 9 février 1995. D’autres
ont été enlevés des prisons et assassinés tel le cas du Major Lambert
RUGAMBAGE. Des officiers et militaires ex-FAR rapatriés de force du Zaïre et de
la Tanzanie furent pourchassés et assassinés partout dans le pays dès janvier
1997.
Dans la nuit du 18 au
19/01/1997, le Major BIZABARIMANA Laurent fut tué à Nyarutovu (Ruhengeri) avec
sa femme, ses enfants, ses parents et ses voisins.
Le 21/01/97, le Colonel HAKIZIMANA
Stanislas fut tué à Rucano, paroisse Muramba, commune Satinsyi, avec sa femme,
ses deux enfants, ainsi que six personnes présentes dans la maison et ses douze
voisins qui furent tués parce qu’ils ont été témoins de ce massacre. D’autres
anciens militaires des FAR furent tués dans tout le pays.