Mémorandum adressé aux Autorités belges
à l’occasion de la 11èmè commémoration de la tragédie rwandaise
le 06 avril 2005

 

Préambule

 

Il est du devoir de chacun de rendre hommage à toutes les victimes des exactions et atrocités commises dans le monde et en Afrique, mais plus particulièrement rendons hommage aux victimes de la barbarie des tueurs et assassins dévoilés depuis 1990 au Rwanda, au Congo et au Burundi.

Rendons hommage aussi à toutes les personnes qui combattent pour la dignité humaine, la justice, la vérité et le respect des droits humains, afin que chacun puisse s'épanouir dans des sociétés solidaires.

Nous condamnons fermement tous les massacres commis dans la région des grands lacs, nous réclamons la justice pour toutes les victimes et les sanctions exemplaires pour les auteurs de ces crimes commis dans la région des grands lacs.

 

Le 1er octobre 1990 le peuple rwandais qui vivait dans le calme et qui cohabitait pacifiquement, s'est réveillé sous les tirs nourris des armes du FPR. Ce dernier était composé essentiellement de militaires de l'armée ugandaise (la NRA) et des réfugiés tutsi rwandais dont les représentants avaient refusé le plan de retour ou d'intégration dans les pays d'accueil.

 

En effet, un accord avait été signé entre le gouvernement rwandais et les représentants des réfugiés devant le HCR. Le FPR préféra  recourir à la guerre et attaqua le Rwanda afin d’imposer son hégémonie  en chassant et en exterminant tout sur son passage. Cette attaque d'octobre 1990 visait surtout la prise du pouvoir par les armes en violation du droit international.

Dès son invasion du Rwanda le 1er octobre 1990 à partir de la frontière de Kagitumba, le FPR a massacré les populations civiles du pays, les a chassées de leurs biens et les a acculées à une vie atroce d'errance sans précédent. Les massacres ciblés de la population ont incité celles ci à fuir ses bourreaux. Dès le départ le FPR s’est posé en victime et amena l'opinion internationale à présenter le problème en sa faveur.

Les déplacés de guerre qui se comptaient par milliers depuis déjà 1990 ont atteint plus d’un million en 1993. Ils ont subi des atrocités sans nom de la part du FPR. En premier lieu, celui-ci s'est acharné sur les préfectures de Byumba et Ruhengeri qui étaient le grenier du pays dans le but de faire souffrir de faim tout le Rwanda en général et la population déplacée en particulier. Les déplacés qui retournaient chez eux à la recherche de la nourriture dans leurs champs étaient tués ou mutilés; en plus les maladies  ont fait beaucoup de  victimes parmi les déplacés de sorte que l'on comptait dans ces camps une victime chaque heure

A maintes reprises, le FPR a attaqué les camps de déplacés de guerre, avec des armes lourdes et à la bombe. Le camp de Nyacyonga fut le dernier à être pris d'assaut à l'arme lourde en 1994. Après la prise du pouvoir par le FPR, ces pratiques n'ont pas cessé car le camp des déplacés de Kibeho fut attaqué en 1995 et les déplacés furent atrocement exterminés.

Depuis cette prise du pouvoir en 1994, les exactions se sont multipliées: les détentions arbitraires, les traitements dégradants, les viols de femmes et de petites filles souvent accompagnés de la contamination par le virus du SIDA (VIH), les disparitions, les assassinats et les fours crématoires, (pour faire disparaître toute trace), ...etc. Tout ceci avec la bénédiction de l'oligarchie au pouvoir composée spécialement des membres du FPR venus de l'Uganda avec à leur tête Paul Kagame.

L'esprit belliqueux du FPR l'a amené au Congo pour une guerre de pillage sous prétexte que ses frontières étaient menacées par les réfugiés. Pour lui la solution n'était autre que d'aller décimer les réfugiés hutus en les pourchassant partout où ils pouvaient s'abriter. Sa pratique dans la guerre de conquête du Rwanda, de brûler les corps de ses victimes ou de les transporter vers des cachettes éloignées dans le but de les dissimuler, a été vérifiée et rapportée par la presse et par plusieurs organisations humanitaires dont le HCR .

Le FPR a toujours déclaré qu'il menait une lutte pour les droits de l'homme, mais en réalité il foule au pied les droits humains les plus fondamentaux et en particulier le droit à la vie. Pour lui tous les hommes ne sont pas égaux en droits.

 

Récemment il a mis sur pied une commission parlementaire chargée de harceler les ONG et les organisations de défense des droits de l'homme plus proches de la population; le cas de la LIPRODHOR est éloquent, et ce dans le seul but de pouvoir agir sans témoins. Aussi, le FPR a sciemment sacrifié les siens pour mieux asseoir son pouvoir.

 

Naïf est celui qui a cru et qui croît aux discours fallacieux et bien calculateurs du FPR. Suite à la tragédie qu'a connue le peuple rwandais, ce mouvement rebelle, après sa conquête du pouvoir en 1994, s'est arrogé des pouvoirs excessifs allant même jusqu’à avoir le droit de vie ou de mort sur la population entière, droit qui avait été banni avec la monarchie par la révolution de 1959.

 

Toutes les familles rwandaises ont été touchées par les massacres. Les rescapés des trois composantes de la famille rwandaise (les tutsi, les hutu et le twa) ont droit de commémorer les leurs et de réclamer la justice pour toutes les victimes. C'est la condition sine qua non pour avoir la paix à travers  la réconciliation dans cette région.

 

1.      L’ATTENTAT DU 6 AVRIL 1994 ;
ELEMENT DECLENCHEUR DE MASSACRES A GRANDE ECHELLE

 

Le 6 avril 1994, un avion présidentiel (un Falcon 50) transportant deux chefs d'Etat africains celui du Rwanda et son homologue du Burundi, leurs suites et trois pilotes français est abattu par un missile SAM 16 d’origine russe au dessus de Kigali (la capitale du Rwanda). Cet attentat perpétré devant les casques bleus de l'ONU allait déclencher des massacres bouleversants et choquants dont les dimensions à la fois politiques et ethniques sans commune mesure allaient ravager tout le Rwanda.

 

Le dossier de cet attentat a été aussitôt enterré et personne n'a plus cherché à savoir qui avait commis ce crime abominable qui a décimé les rwandais (les bahutu, les batutsi et les batwa) et qui a endeuillé beaucoup d'autres familles: des burundais, des belges, des français, des espagnoles, etc … Certaines ONG viennent seulement de porter plainte contre le FPR et son dirigeant le général Paul KAGAME le 22 février de cette année.

 

Selon l’agence française de presse (AFP) les USA avaient prévu le génocide mais ont soutenu le retrait de l'ONU. « Le gouvernement américain avait entièrement prévu les massacres au Rwanda qui ont suivi la mort du président rwandais en 1994 mais ont toutefois jugé qu'il n'y avait pas "suffisamment de justifications" pour maintenir des forces de paix dans le pays, selon des rapports déclassés rendus publics ».

 

L'Etat rwandais et son président Paul Kagame ont voulu depuis toujours imposer le silence sur cet attentat et empêcher que la vérité éclate sur les vrais auteurs des crimes qui ont été commis au Rwanda et qui se poursuivent aujourd'hui dans l’impunité et dans l'indifférence complice  de la  communauté internationale .

 

Suite aux tergiversations du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) à enquêter sur cet attentat, il y a lieu d’émettre deux hypothèses :

 

-C'est que si cet attentat n'avait pas eu lieu, peut-être que le génocide n'aurait pas eu lieu. En supprimant le  Président Habyarimana que F. Mitterrand avait comparé à une écluse contre le déferlement de la violence, on a assassiné celui qui aurait pu l'empêcher. Celui qui a perpétré cet attentat le savait très bien "on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs" dixit Rutaremara. Du coup une autre question trouve sa réponse: les auteurs de l'attentat sont les vrais planificateurs du génocide. Qui sont-ils ces planificateurs? A qui profite ce crime? Le refus d'enquêter sur cet attentat, est la preuve que ceux qui sont sous les verrous n'ont rien à voir avec cet attentat.

 

-Qui alors le procureur cherche-t-il à protéger? Qui empêche alors le Tribunal de fonctionner et de travailler sur un fait qui relève de sa compétence? Que craignent les puissances du Conseil de sécurité qui l'ont mis en place, notamment les autorités des Nations Unies et des Etats-Unis? Les témoignages de ses anciens collaborateurs, notamment MUGABE Jean Pierre et le Lt Abdul RUZIBIZA, imputent clairement la responsabilité de l'attentat au FPR  et à son général Paul KAGAME;

 

Plusieurs autres témoignages font état de ces affirmations comme par exemple le témoignage de M. Remigius Kintu « The truth behind the rwanda tragedy » du 20 mars 2005 à l’attention du TPIR et le livre de M. Honoré NGBANDA NZAMBO, ancien conseiller spécial du président Mobutu « Les crimes organisés en Afrique centrale », livre qui révèle les réseaux dans la complicité des multinationales, des hommes politiques et des supers puissances de ce monde dans la tragédie rwandaise, Africa Crisis Reaction Initiative (ACRI) n’en démord pas avec son témoignage, comme d’ailleurs le témoignage de Michel Chossudovsky de 2003 « The civil war in Rwanda and the ethnic massacres were an integral part of US foreign policy, carefully staged in accordance with precise strategic and economic objectives », Charles ONANA, journaliste d’investigation  dans son témoignage « Les secrets du génocide rwandais, enquête sur les mystère d’un président » est on ne peut plus clair ; etc...

 

Les différents Gouvernements rwandais, mis en place par les «pouvoirs occultes » devront tous répondre des génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Rwanda et dans les pays voisins depuis le 1er octobre 1990.

 

Aujourd’hui, toutes les Institutions de l’Etat Rwandais sont paralysées et complètement contrôlées par un noyau dur des chefs militaires et politiques du FPR qui jouissent d’un « pouvoir occulte » ; ce qui leur permet de disposer du droit de vie ou de mort sur tout citoyen et résident au Rwanda. Les massacres des populations civiles, les exécutions sommaires, le terrorisme d’Etat, les assassinats politiques, les enlèvements, la torture, la déportation, les emprisonnements arbitraires, la délation institutionnalisée, le chantage, le squattage des biens d’autrui sont des « stratégies efficaces et rentables » utilisées et exploitées par ce « noyau d’extrémistes» qui a accédé au pouvoir par la force. Ce noyau tient le peuple rwandais en otage.

 

Dans le régime actuel, aucune autorité, aucune Institution (Gouvernement, Parlement, Magistrature, Armée) n’est capable d’arrêter les massacres, la terreur, l’arbitraire, le squattage et le pillage des biens d’autrui et le chaos généralisé.

 

Tous les observateurs et organisations des droits humains n’ont eu de cesse de dénoncer la mauvaise foi et le manque de volonté politique qui a caractérisé le régime mis en place par le FPR. Ainsi, lors de sa visite au Rwanda le 7 décembre 1997, le Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Madame Mary ROBINSON, a brisé le silence diplomatique sur la situation au Rwanda, en formulant de sérieuses critiques à l’égard du gouvernement de Kigali. Elle a dénoncé la « concentration chronique du pouvoir politique et du processus de prise de décisions dans le pays ».

 

Le régime de Kigali, dominé par les chefs et les conseillers militaires de l’APR qui semblent avoir constitué un « gouvernement parallèle », continue d’exploiter, à des fins privés, la tragédie rwandaise que le FPR a pourtant déclenchée.

 

Plusieurs autres organisations des droits humains, telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH, Physicians Humans Rights, les Rapporteurs spéciaux et les Observateurs des droits de l’homme de l’ONU, n’ont jamais cessé de dénoncer, devant les institutions rwandaises et l’opinion publique internationale, ces crimes contre l’humanité. La terreur, l’exclusion, la manipulation, le mensonge, la corruption et l’oppression sont devenus quelques unes des armes terrifiantes pour “museler et asservir le peuple rwandais”.

 

Le déclenchement des guerres civiles, l’assassinat et la déstabilisation des opposants politiques exilés en Afrique et en Europe constituent des stratégies du régime de Kigali. Suite à l’impunité dont jouissent les criminels au sein du FPR, ils se vantent des crimes qu'ils ont commis. Les propos tenus par Deus KAGIRANEZA , ancien officier et député du FPR, lors de son audition devant le Sénat belge illustrent correctement la situation « Nous avons donc mis Kabila en place, entouré de généraux rwandais afin de gérer l'armée. Il s'agissait de Banyamulenge d'obédience rwandaise, aussi mal vus chez eux que chez nous. On venait, en effet, de commettre des génocides dénoncés par la presse dans la région du Congo. Cela a exacerbé le mépris de ces troupes qui faisaient des bêtises au Rwanda et qui, une fois au Congo, ont fait les mêmes bêtises. Ils contrôlaient la sécurité intérieure, la diplomatie et même l'exploitation des mines ».

 

2.      LES VICTIMES CIVILES DU FPR

 

Quelques actes criminels et à caractère génocidaire démontrent à suffisance que le FPR et son général Paul KAGAME ne veulent pas coopérer mais plutôt qu’ils font tout pour saboter les enquêtes du TPIR au lieu de collaborer à l’identification des militaires du FPR accusés d’actes de génocide. Ils sont tout à fait conscients qu’ils ne pourront pas échapper éternellement à une enquête et une justice indépendante car des témoignages et des faits concrets sur leur projet intentionnel et criminel les accablent.  Il s’agit notamment des faits qui suivent et qui ne peuvent pas plaider en leur faveur .

 

Le Front Patriotique Rwandais a utilisé ses militaires, ses milices ou ses brigades clandestines infiltrées sans oublier l’exploitation sadique des combattants en civil ou en uniforme des ex-Forces Armées Rwandaises. Dans sa soif du pouvoir et sdns son machiavélisme inné, le Front Patriotique Rwandais n’a pas hésité à exposer sciemment  des civils y compris des tutsis.

 

Les calculs du FPR pour tirer profit du génocide qu’il a exploité l'ont poussé à s’opposer à toute intervention ou interposition des forces étrangères ou internationales dès avril 1994. Toute la population était sans défense ni  protection.

 

Ø      Après l'assassinat du président HABYALIMANA le 06 avril 1994 les massacres des tutsi par les extrémistes ont commencé.

 

Ø      Dans la même nuit, le FPR a commencé les massacres des populations civiles hutu dans les environs de son campement au CND, et avec la reprise des combat dès le 07 avril, son armée a massacré systématiquement des dizaines de milliers de hutu dans les zones de Byumba, Kibungo, Kigali rural et dans les communes de Kacyiru, Remera et Kicukiro.

Les déplacés de guerre des Camps de Nyacyonga et Rutongo (dans Kigali rural) chassés de leurs biens, étaient majoritairement des rescapés hutu de la préfecture de Byumba. Ils ont vécu les atrocités du FPR depuis le début de la guerre le 01 octobre 1990, ils ont perdu des membres de leurs familles et ont été de nouveau attaqués dans leurs camps les 9 et 10 avril et ont fui vers le centre du pays à Gitarama.. Il y avait beaucoup de cadavres (bagages au dos) surtout de femmes, de vieillards et d’enfants tout le long de la route Kigali-Nyacyonga-Rukomo-Byumba, dans les caniveaux et dans les buissons.

 

Ø      Après la prise du pouvoir en 1994, les exactions se sont multipliées: les détentions arbitraires, les viols de femmes et de petites filles souvent accompagnés de la contamination par le virus du SIDA (VIH), les disparitions, les assassinats et les fours crématoires, (pour faire disparaître tout traces…

 

Ø      Le 7 avril 1994 dans l’après midi, les troupes du FPR, installés au CND, avaient déjà investi la zone démilitarisée de Remera par la MINUAR et une partie du secteur Kacyiru. On comprend mieux ici les accusations du représentant spécial des Nations Unies, Jacques Roger Booh Booh dans son livre « Le patron de Dallaire Parle, Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda », sur la complicité du général Dallaire, Après s’être installées dans la zone démilitarisée par la MINUAR, les troupes du FPR ont commencé à massacrer de nombreux civils essentiellement hutu dans les secteurs proches de leur cantonnement (les bâtiments du Parlement rwandais-CND) Remera, Kimihurura et Kacyiru ; les grandes figures de l’opposition n’ont pas été épargnées.

 

Ø      Le 8 avril 1994 dans la matinée, les soldats du FPR ont attaqué plusieurs habitations et massacré plusieurs dizaines de familles entières de dignitaires hutu (préfet, hauts fonctionnaires et officiers militaires hutu des FAR dans les quartiers résidentiels de RUKIRI et KIMIRONKO dans le secteur REMERA I et II aux alentours du Stade National AMAHORO de Remera au nord-est de la capitale Kigali). Ces massacres qui visaient d'une manière sélective une ethnie doivent être qualifiés et sanctionnés. Les déplacés de guerre qui s’étaient mis sous la protection des casques bleus de l’ONU au Stade Amahoro de Remera sans oublier les massacres de grande ampleur commis à l’Hôpital Roi Fayçal de Kacyiru sous les yeux des casques bleus tunisiens de l’ONU. Dans toutes les préfectures sur son chemin de guerre le FPR a continué ses massacres systématiques ou sélectifs dans les zones qu’il contrôlait.

 

Le témoignage accablant de l’ancien Chef du Service Civil des Renseignements du 19 juillet 1994 au 30 août 1995, Sixbert MUSANGAMFURA, devrait convaincre le TPIR pour qu’il procède plutôt à l’arrestation du Général Paul KAGAME et ses lieutenants et la communauté internationale pour qu’elle traite objectivement et équitablement le problème du Rwanda. Il affirme avoir reçu des éléments d’information, avec des preuves irréfutables, sur les massacres ethniques commis par des éléments de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), des cadres du FPR, des responsables politiques et administratifs et des rescapés du génocide. En effet, dans son communiqué « j’accuse le FPR de crimes de génocide…. » fait à NAIROBI le 8 décembre 1995, Sixbert MUSANGAMFURA a déclaré que des données fiables prouvent que jusqu’en juillet 1995, le FPR avait massacré de façon délibérée autour de 312.726 personnes dans des crimes de représailles et de contre génocide. Il a donné des chiffres qui n’étaient pas exhaustifs par préfecture. De ce nombre, il affirme avoir pu établir des listes nominatives de plus de 104.800 personnes tuées par le FPR après sa victoire. Il a dit disposer des noms de plus de 173 fosses communes des victimes du FPR sans compter des milliers de cadavres brûlés à l’essence, entassés dans les latrines ou jetés dans le fleuve AKAGERA. Des milliers d’autres cadavres de civils hutus ont été transportés par camions vers d’autres lieux où des escadrons de la mort du Directorate Military Intelligence (DMI) et des soldats fossoyeurs restaient en permanence. Des zones dites militaires et interdites d’accès aux forces de la MINUAR, aux ONG, aux observateurs internationaux des droits de l’homme de l’ONU, aux autorités civiles et à la population, abritaient les charniers à cette époque.

 

TABLEAU DE QUELQUES MASSACRES
CONNUS DANS QUELQUES PREFECTURES ET COMMUNES

 

Dates

Lieux

Sources

Nombre

1990-1993

Ruhengeri-Byumba

Les ONG et témoins oculaires

300 000

Avr-Sept 94

Kibungo

Expert du HCR GERSON

 30 000

19/06/1994

Gitarama (Mukingi)

Rapport Human Rights Watch

      500

26/02/1995

Ruhengeri (Kigombe)

Témoin occulaires

        60

03/03/1995

Ruhengeri

Alex Kanyarengue (rx-Président du FPR)

      300

18-22/2/1995

Camp de Kibeho

ONG

 18 000

Juillet 1995

Fausses communes

Sixbert MUSANGAFURA (journaliste)

312 726  

11-12/9/1995

Gisenyi (Kanama)

 

       110

25/11/1995

Gikongoro (Nyungwe)

Human Rihts Watch

         27

06/08/1996

Ruhengeri (Nyamutera)

Bourgmestre BUGINGO

         50

05, 09,10/1996

Gisenyi Karago,Giciye, Nyamutera)

Amnesty International

       169

03/03/1997

Ruhengeri( Kigombe, Nyakinama, Mukingo)

CLIIR

       300

23-24/03/97

Gisenyi (Mutura)

Témoin oculaire du Bistrot

       210

27-28/04/97

Gisenyi (Muramba)

Témoin oculaire belge

         22

03/05/1997

Gisenyi (Karago)

CLIIR (Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda)

         10

10/05/1997

Gisenyi (Karago)

CLIIR

         31

17/05/1997

Gisenyi (Karago)

CLIIR

         15

08/06/1997

 

CLIIR

       120

08/06/1997

 

CLIIR

         38

09-12/05/97

Ruhengeri (Nkuli)

CLIIR

    1 400

11/05/1997

Ruhengeri(Cyabingo)

CLIIR

         35

16/05/1997

Ruhengeri (Cyabingo)

CLIIR

       175

27-30/05/97

Ruhengeri (Nkuli)

CLIIR

           9

08/08/1997

Gisenyi (Kanama)

Rescapés des massacres par Hélicoptère

       300

22/08/1997

Gisenyi (Camp de Mudende)

Rescapés des réfugiés conolais

.      128

08/10/1997

Gisenyi (Camp Mbuga-Ngali)

Rescapés des masscres

    3 000

24,27/10/97

Gisenyi, Kayove et Kanama)

CLIIR

    8 000

20/11/1997

Gisenyi (Giciye)

CLIIR

       288

25/11/1997

Gisenyi (Karago)

CLIIR

        36

3/12/1997

Gitarama (Bulinga)

CLIIR

         19

10/12/1997

Gisenyi (Camp Mudende)

CLIIR

    1 643

25/12/1997

Gisenyi (Rubavu)

CLIIR

      398

11-12/01/98

Gisenyi (Rubavu)

CLIIR

      250

19/09 1998

Gisenyi (Brasserie)

CIIL

       80

1996-1997

Camps en RCD

Rapport ONU et ONG

200 000

 

 

 

 

Total partiel

 

 

877 449

 

Dans ce tableau, le caractère répétitif, sélectif et systématique est prouvé par les lieux et les dates. Il s'agit de génocide et des crimes contre l'humanité à l'égard des hutu. Ces crimes doivent aussi être poursuivis et punis. Les rescapés des familles de toutes ces victimes sont interdites de commémorer  ou d'enterrer dignement leurs morts. La discrimination ethnique du FPR concerne même les morts !!!!!

 

 

3        LES MASSACRES DES AUTORITES
POLITIQUES MILITAIRES ET DES FONCTIONTIONNAIRES

 

  1. Dans la soirée du 4 au 5 mars 1995, assassinat du Préfet de Butare, Pierre Claver RWANGABO, tué avec son fils aîné et son chauffeur. Curieusement, seul son garde de corps a survécu.

 

  1. En Mars 1995, le Bourgmestre de GIKORO, TWAHIRWA Néhémie (du parti MDR) fut porté disparu près du marché de Rugende en commune Gikoro (préf. Kigali Rural).

 

  1. Le 27/07/95 l’ancien S/Préfet de Ruhango, Placide KOLONI a été tué et brûlé avec sa femme, ses deux filles et sa domestique dans leur maison dans la ville de Ruhango (Gitarama).

 

  1. Dans la nuit du 10 au 11 mai 1996, le Bourgmestre de KARENGERA (Cyangugu), Mme MUKANDOLI Anne Marie, fut abattue de plusieurs balles chez elle par un élément en uniforme militaire. Une semaine plus tard, dans la nuit du 18 au 19 mai 1996, le Bureau communal de Karengera fut attaqué et complètement incendié par des “individus armés non identifiés” qui auraient libéré 71 des 123 détenus du cachot communal.

 

  1. Dans la soirée du 7 juillet 1996, assassinat du Bourgmestre de Rushashi, Vincent Munyandamutsa, du procureur de Rushashi, Floribert Habinshuti, tué avec sa femme et ses enfants ainsi que le Directeur de l’Ecole secondaire de Rwankuba, Laurent Bwanacyeye.

 

  1. Le 11 juillet 96, le Bourgmestre de Nyabikenke, Monsieur DUSABUMUREMYI Elie est tombé dans une embuscade de l’APR organisée par le Colonel Charles Kayonga. Depuis ce jour, il a disparu sans laisser de traces.

 

  1. Le 6 octobre 1996 le député du FPR et ancien préfet intérimaire FPR de Byumba, le colonel LIZINDE Théoneste, fut assassiné par un commando FPR à Naïrobi au Kenya;

 

8.      Le 16 janvier 1997 à 21h, le député du Parti Libéral, Evariste BURAKARI, a été assassiné par le Sous Lieutenant Kabera accompagné par deux autres militaires dont le Lt Rugira, commandant de la compagnie militaire de Rutare en commune Rutare au Rwanda;

9.      Plusieurs officiers et sous-officiers des ex-FAR intégrés officiellement dans l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) à partir du 25 janvier 1995 ont été emprisonnés dès le 9 février 1995. D’autres ont été enlevés des prisons et assassinés tel le cas du Major Lambert RUGAMBAGE. Des officiers et militaires ex-FAR rapatriés de force du Zaïre et de la Tanzanie furent pourchassés et assassinés partout dans le pays dès janvier 1997.

Dans la nuit du 18 au 19/01/1997, le Major BIZABARIMANA Laurent fut tué à Nyarutovu (Ruhengeri) avec sa femme, ses enfants, ses parents et ses voisins.

Le 21/01/97, le Colonel HAKIZIMANA Stanislas fut tué à Rucano, paroisse Muramba, commune Satinsyi, avec sa femme, ses deux enfants, ainsi que six personnes présentes dans la maison et ses douze voisins qui furent tués parce qu’ils ont été témoins de ce massacre. D’autres anciens militaires des FAR furent tués dans tout le pays.

  1. Dans la nuit du 27 au 28 Octobre 1996, le Bourgmestre de NYAKABUYE (Cyangugu), Madame MUKABARANGA Judith, a été abattue chez elle de plusieurs balles par l'APR.

 

  1. Le 14 février 1997, assassinat du Président du Conseil d’Etat, Vincent NSANZABAGANWA, tué avec trois de ses visiteurs à son domicile de Gisozi à Kigali.

 

  1. Mercredi le 4 juin 1997, Mr Célestin NGULINZIRA instituteur, beau frère de l’ex-chef d’Etat-major, Général Déogratias Nsabimana, a été assassiné avec ses trois enfants. Il s’agit de: son fils Bernard Twahirwa (25 ans) qui était un agent de Air-Rwanda; sa fille Alphonsine Dusabemariya (22 ans) qui était une infirmière diplômée; son fils Jean de Dieu Ngulinzira (moins de 14 ans) qui était en 6ème primaire.

 

  1. Le 16 mai 1997 à 14h, le Sous Préfet de Ngororero, Maurice SEBAHUNDE a été assassiné avec deux de ses collaborateurs par des éléments de l'APR qui avaient érigé une barrière sur la route menant à Ramba d’où ils revenaient.