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RWANDA
Discours du Président du COSAR
11ème commémoration de la
tragédie rwandaise le 06 avril 2005
« Le grand ennemi de la vérité, est très souvent non le mensonge
délibéré, artificiel et malhonnête, mais le mythe persistant, convaincant et
irréaliste » [1]
Cette définition, empruntée au président américain
John Kennedy illustre très bien combien le mythe selon lequel le FPR a arrêté
le génocide est le plus grand obstacle à la vérité, à la justice et à la réconciliation.
La distinction entre les victimes d’une même tragédie
et le mépris exprimé par les autorités rwandaises actuelles à l’endroit des
victimes Hutu sont des comportements inhumains, cyniques et irresponsables.
Depuis bientôt 15 ans, les victimes hutu de la
tragédie rwandaise déclenchée par les extrémistes du FPR sont des éternelles
oubliées par le gouvernement rwandais, le TPIR et le gros de la Communauté
internationale.
En ce jour du 11ème triste anniversaire, nous avons
le devoir et le droit de venir ici devant ce mémorial construit par la Commune
de Woluwe-Saint-Pierre
à la mémoire de toutes les victimes du génocide rwandais sans distinction
aucune.
Quinze ans presque jour pour jour, après l’invasion
du Rwanda par le FPR et son allié l’Ouganda, il y a lieu de se rappeler que les
extrémistes des deux côtés se sont livrés à des exactions portant atteinte aux
droits fondamentaux de la personne humaine, notamment le droit à la vie.
Après le 16 juillet 1994 jusqu’aujourd’hui en avril
2005 (soit 11 ans après), seuls les extrémistes tutsi du FPR ont continué comme
ils l’avaient toujours fait de planifier et de commettre de nombreux actes de
génocide à l’encontre des populations Hutu. Ce génocide a ciblé toutes les
ethnies du Rwanda, Hutu, Tutsi et Twa confondus. Les emprisonnements
arbitraires constituent aussi des actes de génocide visant à l’extermination
des détenus eux-mêmes et leurs proches parents affectés par la détention.
Quinze ans de tragédie continue, devraient nous
convaincre tous que notre cher Rwanda a engendré une quatrième ethnie :
celle des criminels impliqués dans des actes de génocide commis au Rwanda, par
des rwandais et sur des rwandais. Des bandes de tueurs sont apparues
simultanément dans tous les groupes ethniques qu’ils soient Hutu, Tutsi et Twa.
Ce constat est terrible et personne n’a le droit de se voiler la face devant
cette tragédie.
Ce qui est révoltant aujourd’hui, c’est que toutes
les institutions officielles de l’Etat Rwandais sont noyautées, contrôlées et
paralysées par un noyau dur d’extrémistes Tutsi, de chefs militaires et
politiques du FPR impliqués dans les crimes de génocide, les crimes de guerre
et les crimes contre l’humanité commis non seulement au Rwanda, mais aussi en
République Démocratique du Congo (RDC) et en Uganda tout comme au Burundi.
Après quinze ans de tragédie innommable, aucun
rwandais ne devrait se sentir lié, être forcé ou se sentir contraint d’être
solidaire avec les assassins de son groupe ethnique. Nous devons prendre le
courage et l’exemple de nos compatriotes qui ont eu ou qui ont encore le
courage de dénoncer les criminels de tout bord, même lorsqu’il s’agit de nos
proches membres de famille. L’idéal serait de dénoncer les vrais coupables et
défendre des innocents en toutes circonstances. Ce n’est plus un secret pour
personne que les personnes ayant osé
accuser les criminels du FPR sont constamment menacés par le pouvoir de
Kigali. Je les invite à la persévérance.
Ce mémorial du génocide
rwandais n’est pas et ne doit par être le monopole d’un groupe ethnique. Il
doit rester le mémorial de toutes les victimes de la
tragédie rwandaise aussi bien rwandais qu’étrangers. Nul ne doit accepter
d’être privé de son droit le plus élémentaire de pleurer les siens. La Stèle
commémorative ici devant nous est pour tous ceux qui n’ont pas eu la
possibilité d’enterrer les leurs dans la dignité un signe de leur rendre
hommage. Il n’est pas dans les coutumes du munyarwanda digne de ce nom de voir
les restes d’une personne qui lui est proche ou cher exposés à la manière du
FPR comme si c’était une récolte à faire sécher. Cela témoigne une fois de plus
le caractère sauvage et cynique de ces gangsters qui gouvernent actuellement le
Rwanda.
Ce mémorial est le seul actuellement au monde où tous les
rescapés et leurs proches, peuvent venir se
recueillir librement sans être pourchassés par la machine à tuer de la junte
militaire du Général Paul Kagame qui continue d’opprimer et de prendre en otage
le peuple rwandais.
Devant la partialité et la complicité du TPIR, nous
demandons à toute personne qui porte une quelconque responsabilité dans les
massacres, assassinats et autres crimes de sang d’avoir le courage d’assumer sa
responsabilité ou ses manquements et témoigner à décharge en faveur des
personnes accusées ou emprisonnées injustement au Rwanda, au TPIR ou dans
d’autres pays africains ou occidentaux.
Devant le silence complice d’une communauté
internationale qui continue de soutenir financièrement, militairement,
diplomatiquement et politiquement le régime criminel, terroriste et
antidémocratique du FPR et Paul KAGAME, soyons motivés et persévérants pour
réclamer que justice soit rendue à toutes les victimes de la tragédie rwandaise
qui continue d’endeuiller toute la région des grands lacs d’Afrique.
Ensemble exprimons notre combat pour la justice, le
respect de l'autre et la dignité humaine, disons « non » à la peur,
non à la terreur, non au terrorisme d’état, non à la manipulation, non aux
extraditions sauvages et non à la discrimination ; OUI à la justice équitable,
oui à l’égalité des droits et des chances, oui à la cohabitation pacifique.
Albert
RUKERANTARE
Président
[1] (Discours de remise des diplômes à l’Université de Yale, le 11 juin 1962 par le président américain John Fitzgerald Kennedy (JFK).