MEMORANDUM DE LA SOCIETE CIVILE DU

SUD-KIVU A LA MONUC

CRI DE DETRESSE? DENONCIATION? OU ULTIMATUM?


Société Civile du Sud-Kivu
Bureau de Coordination Provinciale
B.P. 43 Bukavu (Kivu)
14.12.99

I. PREAMBULE

MONUC ! Mot nouveau dans le vocabulaire politique de la République Démocratique du Congo. Notre Congo a connu l'ONUC, dans les années 1960 - 1965. Ainsi pour les Congolais, il existe deux visages de cette ONUC - là. Une ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo) qui du 5 septembre 1960 au 17 janvier 1961, couvrit les assassins de Patrice Emery Lumumba, notre Héros National, et favorisa tacitement la sécession katangaise (11 juillet 1960 - 31 décembre 1962). Double coup d'épée asséné au Congo sous le mandat de DAG HAMMARSKJOLD, un Suédois. Puis, une ONU qui le 31 décembre 1962 annihila la sécession Katangaise : (1er janvier 1963). Elle manœuvrait cette ONUC -là sous le mandat de M. Suhu U THANT, un Birman.

Mardi le 16 novembre 1999, une délégation de la MONUC est passée presque incognito chez nous à Bukavu, chef-lieu de la Province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Cette délégation s'est contentée, après l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka dont l'ONU est pourtant signataire en tant que parrain naturel, de s'entretenir à huis clos avec le Gouvernement du R.C.D. basé sur place ; cette délégation-là a méconnu, consciemment ou non, qu'après Lusaka, la vie nationale en R.D.C. gravite autour du quatuor que voici :

        1. Le Gouvernement (central) de Kinshasa
        2. L'opposition non armée (partis politique en veilleuse)
        3. L'opposition armée (R.C.D., M.L.C.)
        4. Les Forces vives de la Nation (Société Civile).

Pour n'avoir écouté qu'une cloche, ladite délégation doit n'avoir entendu qu'un son : le son qui peut-être lui agréait. Pour elle, si le Gouvernement central de Kinshasa n'est plus représenté au Sud-Kivu, en est-il de même de l'Opposition non armée et de la Société Civile, forces socio-politiques qui préfèrent la magie du verbe à l'abhumanisme des armes ?

Cette MONUC venue chez nous en 1999 doit choisir entre les dissimulations de Dag Hammarskjöld et la loyauté de M. Suhu U THANT. Si elle se livre à la même duplicité que le Suédois, les vrais Congolais ne tarderont pas à découvrir son jeu ; comme LUMUMBA maudissant Dag, les Congolais aussi maudiront cette MONUC chafouine et il n'est pas exclu qu'ils la combattent en paroles et en actes. Partout où l'ONU s'est transmuée en louve dans la bergerie, l'opinion l'a jetée au rebut.

En revanche, si la MONUC de 1999 est venue chez nous, au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, pour concrétiser les dispositions de la Résolution 1234 prise le 9 avril 1999 par le Conseil de Sécurité, ainsi que celles de l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka Contresigné enfin par le Rassemblement Congolais ( ! ) pour la Démocratie ( ! ) le 31 août 1999, alors et alors seulement nous lui souhaitons la bienvenue dans notre Congo meurtri !

II. L'ONU ET LA R.D.C. : LA PAIX EN QUESTION !

En effet la Résolution 1234 se présente pour nous, Société Civile du Sud-Kivu, comme une réponse indirecte mais combien globale et combien salutaire pour les Etats de l'Afrique Subsaharienne qui ne savent plus s'il faut s'ingérer au Congo ou laisser pourrir la situation au risque de se voir atteints eux-mêmes par la pyromanie de certains.

La substance de cette Résolution a été fortement diluée et dévirilisée par l'Accord de Cessez-le-feu de Lusaka qui au-delà du 31 août 1999 garantit aux agresseurs et aux prédateurs hétéroclites déversés sur le Sud-Kivu 180 jours, soit un semestre tout entier d'impunément opprimer, d'impunément pressurer, torturer à cœur joie des populations innocentes ! On dirait que l'ONU, en contresignant l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka voulait tout simplement complaire aux agresseurs de notre Pays qu'elle s'estimait avoir offusqués par cet adverbe « immédiatement » qui arrange le Congo-Kinshasa et dérange ses trois voisins bellicistes de l'Est.

Fait plus grave encore, c'est qu'au moment où nos politiciens lambinent ou éludent leur Accord de cessez-le-feu de Lusaka qu'ils voient d'ailleurs à qui mieux mieux, l'ONU, recours ultime des civils opprimés par des soldatesques surexcitées, l'ONU atermoie et contribue ainsi, consciemment ou non, à cette extermination désormais indéfinie et indéfinissable des populations du Sud-Kivu.

Demain, après l'ONU, pourtant si humaniste dans sa Résolution 1234, après que l'ONU ait couvert et couvé, consciemment ou non, notre génocide, elle versera peut-être des larmes de crocodile et donnera raison à John MILTON : oui,

« Of MANS First Disobedience and the Fruit

Of that Forbiden Tree, Whose mortal tast

Brought Death into the World, and all our whoe

With loss of Eden, no one greater Man

Restore us and regain the blissful seat ».

Le 14 juin 1999, dans Congo Uni, Congo fort, Messages de paix de la Société Civile du Sud-Kivu à l'occasion du 39ème anniversaire de l'Indépendance de la République Démocratique du Congo, nous écrivions au point III. :

«  A L'ONU ET LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE » :

      1. La Société Civile du Sud-Kivu constate qu'il arrive que les Etats membres de l'ONU se fassent des guerres, des longues guerres même, sans que l'Organisation intervienne énergiquement pour vite y mettre fin. Nous proposons que le Conseil de Sécurité devienne plus diligent et plus efficace pour enrayer de la carte du Monde les zones troubles des guerres affreuses.
      2. La Société Civile du Sud-Kivu félicite l'ONU pour avoir pris la Résolution 1234 relative à la guerre en République Démocratique du Congo. Elle propose que cette résolution ne devienne pas lettre morte dans cet aréopage et que son effectivité intervienne le plus vite possible : il ne faut pas attendre que le Congo soit totalement dépeuplé et totalement dévasté pour appliquer cette Résolution 1234.
      3. La Société Civile du Sud-Kivu rend un hommage posthume au Biman Suhu U Thant (1909-1974), ancien Secrétaire Général de l'ONU de 1961 à 1971 dont le PLAN DE RECONCILIATION NATIONALE mit fin en 1962 la sécession Katagainse et à d'autres velléités sécessionnistes de l'époque. C'est sous le mandat du même Suhu U Thant que fut résorbé au Nigeria la sécession biafraise (1967-1970).
      4. A vous, Excellence Monsieur Koffi Annan, Africain comme nous et Secrétaire Général de l'ONU :

Nous vous demandons instamment de jouer entièrement votre rôle d'Osagyefo, c'est-à-dire de Sauveur et de ne guère nous faire attendre un nouvel U Thant. Ce document (CONGO UNI, CONGO FORT) est un De Profundis.

C'est notre Psaume 55 jaillissant de toutes les poitrines des hommes de bonne volonté qui peuplent le Sud-Kivu et qui clament :

« Les Hommes sanguinaires et trompeurs

ne vivront pas la moitié de leurs jours.

Mais, moi je compte sur toi » (Ps LV).

Notre cri de détresse a-t-il atteint les oreilles de l'ONU ? De M. Koffi Annan, son Secrétaire Général ? Nous osons le croire, mais que l'ONU ait laissé passer maintenant huit mois entiers entre le 9 avril 1999, date où le Conseil de Sécurité prit la Résolution 1234 et ce jour, et que nous-mêmes nous voyions s'écouler six mois entiers après notre S.O.S. lancé en direction de l'ONU, alors nous croyons qu'il est temps de rappeler au monde ce vers d'Aimé Césaire : « Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse ». (1939)

Et pourtant le 21 juillet 1999, la Société Civile du Sud-Kivu avait adressé une lettre à M. le Secrétaire Général de l'ONU pour la création d'un Observatoire de Paix au Sud-Kivu. Cette lettre est restée sans écho. Voici venu le temps de rappeler ce mot d'Abdelaziz BENNANI, un confrère chevalier des Droits de l'homme : « l'un des alliés des tortionnaires et l'un des ennemis de droits de l'homme, c'est toujours l'oubli. Il faut donc éviter l'oubli. »

Si l'ONU nous oublie, qui donc nous sauvera ? Et une ONU oublieuse de ses propres résolutions ne devient-elle pas alors une Désorganisation des Nations Honnies ? Car, pendant que l'ONU dort sur sa Résolution 1234 et même sur sa signature de Lusaka, les tortionnaires du Sud-Kivu, quant à eux, rôdent partout, dans nos coins et nos recoins, cherchant qui torturer !

Au mépris total de l'ONU et de ses organes, les agresseurs du Congo-Kinshasa se pavanent et enfoncent plus profondément leurs griffes de vautours dans les viscères d'un Sud-Kivu exsangue !

Chaque jour, leurs avions violent notre espace aérien pour déverser sur notre sol des troupes, des armes hétéroclites, avant de rentrer chez eux, bourrés d'ivoire, de colombo-tantalite, de peaux de léopards, de perroquets, d'arachides, d'huile de palme, etc. Las de faucher des hommes, on fauche à présent des animaux et quels animaux sinon ces espèces rarissimes et coquettes connues sous l'étiquette de « Animaux protégés du Congo Belge » ?

Sur terre, c'est par milliers que des convois d'une soldatesque sanguinaire s'attaquent à des villages sous prétexte d'y rechercher des Mayi-Mayi. Ces fils du pays qui n'ont pas été désignés par l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka ni comme forces négatives ni comme milices à désarmer, sont aujourd'hui noyés dans la rubrique « Interhamwe » et tout le monde sait que qui dit « interhamwe » dit forcément « Asulubiwe ! Asulubiwe » « Crucifie-le ! , Crucifie-le ! ».

Pourquoi veut-on exterminer les Mayi-Mayi ? Ont-ils déjà agressé le Rwanda, le Burundi ou l'Ouganda ? Ont-ils été mêlés de près ou de loin aux génocides d'Outre Ruzizi ? Qui veut noyer son chien l'accuse de rage. Et quand on ne trouve aucun casum belli pour justifier les massacres perpétrés çà et là au Sud-Kivu, on emballe tout le monde dans le concept interhamwe ; enfants, femmes, vieillards, animaux sauvages et domestiques, hommes valides et invalides, congolais ou non, tout devient « intrehamwe ». C'est-à-dire gibier de potence, taillable et calcinable à merci !

Et comme si ces affres militaires ne suffisaient pas, des soldats des pays agresseurs se trouvent maintenant commis à la saignée fiscale et douanière du Sud-Kivu. Des Droits de préemption sont subrepticement accordés là où quelques murmures empêchent l'affichage d'un monopole comprador insolent, surtout dans le commerce des combustibles, des lubrifiants, du métal jaune, des pierres précieuses.

Aujourd'hui, tous nous savons, y compris les profanes, que ce colombotantalite (coltant) qui s'évacue tant de chez nous sert à fabriquer ailleurs les explosifs qui nous tuent.

NOTRE VISION DE LA PAIX

C'est pourquoi en septembe 1999, par le truchement de M. Roberto GARRETON, Rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits de l'Homme en République Démocratique du Congo, les populations du Sud-Kivu ont transmis à l'ONU leur clameur de détresse, la pétition intitulée NOUS VOULONS LA PAIX ! WE WANT PEACE ! TUNATAKA AMANI ! ...

Or qu'est-ce que c'est la paix pour nous ? Alors que nous la concevons sans esclavage, pour les idéologies du R.C.D. (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), la paix consiste à accepter n'importe qui, même des guignols et des gnomes à la place des hommes ! Pour eux, la paix, c'est se diluer dans le statu quo : s'agenouiller en l'année 2000 dans un protectorat, s'étioler dans des camps de concentration et devoir remercier des tortionnaires pour qui « battre un Nègre, c'est le nourrir » (Aimé CESAIRE). La paix, pour les idéologues du R.C.D., c'est applaudir, ovationner et glorifier des siccaires qui tuent par le fer, par le feu, par la faim, par le froid, par le fusil. Pour eux, la paix, c'est épouser leur propagande politique combien captieuse selon laquelle, puisque le front se situe maintenant à Kabinda, soit à 1000 Km de Bukavu, nous les congolais du Sud-Kivu nous devons souffler, nous accommoder de cette situation, capituler et pactiser avec le Kommandatut !

Cette paix qui n'est rien d'autre qu'une hideuse antichambre pour intégrer notre Sud-Kivu dans l'ancien Ruanda-Urundi, paix que ces idéologues justifient par le voisinage, le cousinage, etc., à cette paix pestilentielle-là les populations du Sud-Kivu préfèrent l'apocalypse. Où donc est passé le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?

CONGO UNI ? CONGO FORT ! A la veuille de notre indépendance les slogans les plus connus, les voici : CONGO UNI ? PAYS FORT ! Et UHURU ! SISI KWA SISI ! (Littérairement : Liberté ! Le CONGO aux Congolais !) Au moment où notre histoire nationale s'apprête à écrire « 4 janvier 2000 » et « 17 janvier 2000 » c'est-à-dire à commémorer les Martyrs de notre Indépendance (41ème anniversaire) ainsi que l'entrée dans l'immortalité de Patrice Emery LUMUMBA, notre Héros National (39ème anniversaire), vouloir nous inoculer la veulerie et le servilisme, c'est oublier que le temps des Négriers a filé devant le temps des Chevaliers ! Toute paix qui entache ou entame notre souveraineté équivaut à une émasculation et nous la rejetons ! HATUCHAGANE ! HATUCHAGANE ! (We are not the same. Nous ne composons pas !). C'est le slogan spontané qui jaillit ces ours-ci de toutes les bouches.

III. PROPOSITIONS

  1. Conformément à ses nombreux cris de détresse, entendu les uns, oubliés les autres, la Société Civile du Sud-Kivu demande à l'ONU instamment et pieusement, d'appliquer sans atermoiement sa disposition contenue dans la Résolution 1234 et relative au retrait immédiat du territoire de la R.D.C. des troupes étrangères non invitées par le gouvernement de Kinshasa. Tout humanisme doit commencer par là ; tout le reste n'est que cynisme, satanisme velouté !
  2. Conformément à la Résolution 1234 du 9 avril 1999 condamnant entre autres tous les actes de barbarie perpétrés au Sud-Kivu depuis le 2 août 1998, la Société Civile exige que soient traduits devant le Tribunal Pénal International. Les Responsables déjà identifiés des massacres que voici :
  3. a)- Le Commandant TCHAPULU Mpalanga pour le massacre de Kavumu perpétré le 4 août 1998 : 72 officiers tués !

    b)- Le Commandant SEBAHIRE Muheto plus connu sous le sobriquet par trop révélateur de « Shetani » pour le massacre de Kasika le 24 août 1998 : 663 victimes dont le Mwami François MUBEZA Nalwindi, la souche primordiale même de tous nos bami (sultans traditionnels) et surtout sa femme, Madame Yvette NYANGE Yaya.

    c)- Le Commandant SEBAHIRE alias Shetani « Le Diable », encore lui pour les tueries de Makobola le 31 décembre 1998 : 842 vies humaines innocentes fauchées !

    d)- Le Commandant Franck KASEREKA pour avoir enterré vivant le 14 novembre 1999 à Ilinda et Bulinzi (Mwenga) 14 (quatorze) femmes et plus tard, 17 retrouvées décapitées dans la même cité, à Kalole, derrière le couvent des Prêtres.

    e)- Le Commandant « LUMOTOMOTO », responsable de la boucherie de Kahungwe (Sange) : 43 morts ramassés principalement des femmes et des enfants.

    f)- Des enquêtes devraient vite s'ouvrir pour identifier et punir les responsables de tous les autres assassinats tels ceux de kalonge, Kalehe, Kabare, Burhale, Burhinyi, Kasika (revisité-, Nyangezi, Murhesa, Mugogo, Lulingu, Kalambi, Kachungu (cas de pendaison d'hommes par les organes génitaux et d'emplacements des femmes à partir des mêmes organes jusqu'à la gorge ...)

    Maintenant, on n'en peut plus douter : les troupes rwandaises qui opèrent au Sud-Kivu persécutent l'Eglise Catholique : toutes les paroisses catholiques, tant rurales qu'urbaines, tous les couvents, surtout ceux des religieuses sont régulièrement saccagés, les religieux tués ou grièvement blessés. Bientôt les Catholiques du Sud-Kivu célébreront leur culte dans les catacombes, comme sous Dioclétien.

    Sont persécutés aussi les chefs traditionnels dont les palais ont été saccagés, les biens pillés, les familles disloquées.

  4. Que l'UNICEF déploie tous ses efforts pour mettre fin à l'enrôlement forcé des enfants hutu rwandais et burundais déversés comme chair à canon sur des champs de bataille au Sud-Kivu, chez nous, en République Démocratique du Congo.
  5. Que l'ONU sache qu'en dépit des condamnations unanimes des milices déjà existantes certains hommes lige des trois pays agresseurs, ces traîtres congolais, sont entrain de former et d'armer leurs milices sous la dénomination spécieuse de « local défense » à Kalehe (400), à Kalonge (500), à Kitutu (3000), à Kaziba (600), à Kavumu (600), à Kagurwze/Bwegera (600), etc.
  6. L'Accord de cessez-le-feu de Lusaka, qu'ils ont pourtant signé, appelle cela « bandes des terroristes ».

  7. Que l'acte humaniste de l'ONU précède en tout et partout au Sud-Kivu, chez nous, et partout au Congo-Kinshasa, toutes les actions humanitaires ; plus précisément que l'ONU sécurise d'abord tout habitant du Congo, chez lui, avant de songer à distribuer des vivres, des médicaments et des habits. A quoi cela sert-il d'engraisser des morts en sursis ? L'ONU doit éloigner de nos populations les épées et autres kalachnikov ... pour rendre efficientes les actions du PAM, de la FAO, du PNUD, de l'UNICEF, etc.

IV. CONCLUSION

L'ONU par son insouciance coupable, a déjà fait verser sur le territoire congolais des fleuves de sang ! On dit que c'est parce qu'elle est au service de la Nation américaine. Quant à nous, Société Civile du Sud-Kivu, nous refusons de croire que ce soit l'Amérique, patrie d'Abraham Lincoln et Georges Washington qui ait conçu ces plans cyniques de charcuter le Congo, notamment ces textes les plus diffusés qui s'intitulent : « Le plan Américain pour la division de Congo, Comment Washington veut en finir avec le gouvernement de Kabila ...

Presque tous les Congolais authentiques au Sud-Kivu sont atteints maintenant d'anti-américanisme ; pour eux, c'est Bill Clinton, qui utilise Kagame, Museveni et Buyoya pour opposer les unes aux autres quatre nations, à savoir le trio Burundi-Ouganda-Rwanda et le Congo.

Les agresseurs du Congo doivent savoir que s'il est ainsi, alors Bill Clinton ne les aime pas parce qu'ils le rendent ignobles devant tous les Noirs et devant toute l'humanité.

Nous refusons de voir l'Organisation des Nations Unies se transmuer sans l'en prévenir en une Organisation des Nations Honnies : les populations du Sud-Kivu excédées par une occupation deshumanisante, aussi bien pour l'occupant que pour l'occupé, ne sont pas loin de se lever un des ces jours comme un seul homme pour mettre fin à cette mégatomanie de leurs agresseurs.

La Société Civile du Sud-Kivu informe la MONUC qu'elle a le malheur de disposer d'une voix prophétique. Le 6 avril 1998, dans un doucement intitulé MENACE D'UNE AGRESSION ETRANGERE AU SUD-KIVU, elle avait prédit cette longue et absurde guerre.

Aujourd'hui, nous pressentons le déluge. Un brin de sollicitude onusienne envers le Congo-Kinshasa peut le prévenir. Si la voix de Cassandre n'a pas pu empêcher la prise de la ville de Troie, celles de Mercier et de Martini ont stimulé la libération de Bruxelles et de Paris ... Nous avons actuellement nos Mercier et nos Martini.

Mobutu nous avait appris à Mourir Pour Rien (MPR). Aujourd'hui, les plus humbles et les plus incultes d'entre nous congolais authentiques du Sud-Kivu savent spontanément mourir pour notre Congo. L'ONU par sa MONUC devrait vite intervenir pour éradiquer le vandalisme des uns et prévenir les excès de revanchisme, au grand dam de ceux qui se rassemblent, clopin clopan, pour dépecer notre cher Congo.

Que vive l'ONU,

Que vive le Congo,

Que vive la Société Civile du Sud-Kivu.

Fait à BUKAVU, le 14 décembre 1999.

Pour la Société Civile du Sud-Kivu,

Le Bureau de Coordination Provincial

 

  1. Joseph MUYENGO KYALANGILWA, Président Provincial.
  2. Gervais CHIRHALWIRWA NKUNZIMWAMI, vice-Président Provincial.
  3. RUGARABURA NDULO Emmanuel, Président du Conseil de Surveillance.
  4. Didace KANINGINI KYOTO, Membre.
  5. Pierre SAIDI MULAMBA, Secrétaire Permanent.
  6. Bruno BAHATI BARHALIBIRU, Membre.
  7. KAPUPU DIWA MUTIMANWA, Trésorier.
  8. Deodatte CHISHIMBANJI, Secrétaire du Conseil de Surveillance.
  9. J.B. RUHANGAMUGABO, Membre.
  10. Léon BARUANI MISENGA, Secrétaire du Bureau.