GROUPE LOTUS
COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 007/GRAL/KIS/03
« Kisangani : le Groupe LOTUS est, de nouveau, la cible des attaques
du pouvoir du RCD/Goma »
Le Groupe LOTUS, organisation congolaise de défense des Droits de l'Homme basée à Kisangani en République Démocratique du Congo, dénonce les violations des libertés d'expression, d'opinion et d'action commises par les autorités du Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Goma à l'égard des Défenseurs des Droits de l'Homme oeuvrant à Kisangani.
La Conférence-débat du Groupe LOTUS du 27 janvier 2003, marquant la clôture de la formation de six mois de la Commission Justice et Paix/Paroisse Sainte Marthe de la Commune Lubunga et intitulée « la place et le rôle des défenseurs des Droits de l'Homme Congolais dans le processus de paix et l'érection d'un Etat de Droit en RDCongo » a été menacée d'interdiction par le Bourgmestre de la Commune de Lubunga, Monsieur Jean SIKOTI, au motif que cette activité n'a pas été autorisée par le Maire de la Ville de Kisangani.
Malgré les contacts que le Conférencier du Groupe LOTUS, Monsieur Dismas KITENGE SENGA et le Curé de la Paroisse Sainte Marthe, le Père Paul SLOVICK, ont eu, tour à tour, depuis près d'un mois, avec le Bourgmestre et le Commandant de la Police de cette commune pour non seulement expliquer le but de cette activité et présenter les grandes lignes de la Conférence, mais aussi et surtout inviter ces deux autorités à ladite activité afin de leur garantir que l'ordre et la sécurité publics ne seraient pas troublés, cette Conférence s'est déroulée dans un climat de panique à cause d'une part, de l'ordre de report transmis par le Bourgmestre juste au début de la manifestation, et d'autre part, de la présence des soldats armés et des agents des services de sécurité aux alentours de la salle de la Paroisse Sainte Marthe qui a abrité ladite cérémonie.
Le 29 janvier 2003, le service de Département de Sécurité et Renseignement (DSR) de la Mairie de la Ville de Kisangani a invité le Président du Groupe LOTUS, Monsieur Dimas KITENGE SENGA, à se présenter d'urgence en leur office muni du texte de sa Conférence-débat, de la liste des personnes auxquelles les Brevets de participation avaient été remis et la délégation du Groupe LOTUS à cette activité.
Après la remise des documents lui exigés, Monsieur Dismas KITENGE SENGA a été interpellé sur les activités présentes et futures du Groupe LOTUS, sur l'objet de la visite de la délégation d'Amnesty International à Kisangani et sur les activités de Mme Bibiche BAMBALE BOLAYA en Europe.
Bien que cette interpellation n'ait pas été consignée dans un Procès-verbal, le responsable de DSR/Marie de la Ville de Kisangani a demandé au Président du Groupe LOTUS de communiquer régulièrement les rapports des activités de son association aux autorités locales plutôt que de privilégier les canaux étrangers.
Le 31 janvier 2003, à 10 heures locales, Monsieur Guillaume ALI EFUFU, enquêteur du Groupe LOTUS, alors qu'il se rendait au Bureau de cette association, a été interpellé par un groupe de soldats de la Police Militaire du RCD/Goma sur son identité. Au vu de sa carte de service du Groupe LOTUS, le Chef de ces soldats a ordonné immédiatement son arrestation en s'exclamant qu'ils ont reçu des ordres de leur hiérarchie pour discipliner les membres de cette association qui prennent du plaisir à attaquer à la presse et à l'étranger le RCD.
Immédiatement, Monsieur Guillaume ALI EFUFU a été contrait d'entrer dans la file de soldats sous le coup des injures et amené au poste de la Police de la 11ème avenue de la Commune Tshopo où il fut déchaussé et reçut plusieurs dizaines de coups de fouet avant d'être conduit au cachot pour y passer près de 24 heures.
M. Guillaume ALI EFUFU a été relâché le 1er février 2003 à 2 heures du matin suite aux pressions du Groupe LOTUS et à la décision du Commandant en place de la Police, le Capitaine René KIFUKO. La victime a été admise au Centre de Santé Saint Joseph de la Tshopo pour des soins appropriés qu'exige sa santé.
Les promesses des autorités militaires sur les enquêtes pour identifier et sanctionner les auteurs de ces violations sur M. Guillaume ALI EFUFU ne rassurent pas le Groupe LOTUS dans la mesure où aucun signe clair n'a été donné jusqu'à ce jour, ne fût-ce qu'en termes d'audition des policiers du poste de la Tshopo.
Le Groupe LOTUS dénonce et condamne ces violations des Droits de l'Homme commises par les autorités et les éléments armés du RCD/Goma et qui visent à réduire au silence les organisations des Droits de l'Homme et leurs animateurs.
Le Groupe LOTUS appelle la Communauté nationale et internationale à exiger aux autorités du RCD/Goma de mettre fin à cette campagne d'attaques lancées contre le Groupe LOTUS et à garantir à toutes les organisations de la Société Civile sous son contrôle les droits et libertés garantis d'une part, par les instruments internationaux ratifiés par la République Démocratique du Congo, et d'autre part, par l'accord politique global et inclusif signé le 18 décembre 2002 à Pretoria en Afrique du Sud.
Fait à Kisangani, le 04 février 2003
Adan BAKU Bin BOBI
Chercheur