RD Congo: Quels sont les beaux cadeaux de fin d'année pour les populations de l'est?


Joseph M. Kyalangilwa
Président de la Société Civile de la Province du Sud-Kivu
18.12.03


Les Sociétés Civiles des provinces de l'Est de la République démocratique du Congo et leurs organisations membres ne cessent, depuis la fin de la mise en place des Institutions de la Transition en cours, de dénoncer toutes les violations qui continuent de se commettre impunément dans cette partie du territoire national.

Les Bureaux de Coordination de ces Sociétés Civiles ont toujours mis à profit les passages et visites officielles des membres des institutions de transition dans les provinces qui se libèrent lentement mais sûrement du joug sauvage et meurtrier du RCD-Goma et ses maîtres à penser de Kigali et d'ailleurs tous bourreaux de plus de quatre millions de civils congolais autochtones innocents, pour leur remettre en mains propres leurss mémorandums destinés au Gouvernement. A titre illustratif et dernier en date, ce sont les mémorandums remis en octobre 2003 au Ministre Vital Kamerhe à Kisangani, Goma, Bukavu, Kindu, etc.. Le gouvernement a eu suffisamment le temps, non seulement de prendre connaissance de ces mémorandums et leurs recommandations, mais et surtout d'y apporter les solutions tant attendues par les populations qui sortent fraîchement de la guerre d'agression-occupation.

Maintenant que nous nous trouvons à la veille des fêtes de fin d'année, «quels sont les beaux cadeaux que le Gouvernement va-t-il offrir aux populations de l'Est de notre pays ?» Au regard des recommandations de nos nombreux mémorandums, nous nous permettons de rappeler celles qui n'ont pas trouvé les solutions :

a) La situation sécuritaire et administrative

Interdire tout mouvement des éléments des armées rwandaise, burundaise et ugandaise vers les provinces de l'Est de la Rd-Congo.

Suprimer totalement le recrutement et la formation des milices fidèles aux gouverneurs du RCD-Goma encore en place.

Mettre hors d'état de nuire tous les officiers RCDistes qui ont refusé de rejoindre leurs postes dans la nouvelle armée congolaise et tous ces autres qui continuent à semer la désolation dans nos territoires de l'Est.

Ne pas affecter les officiers issus du RCD-Goma aux commandements des unités dans les Régions militaires de l'Est du pays.

Appliquer strictement les dernières décisions prises quant à l'affectation et à la réduction des services aux postes des frontières, aux ports et aéroports.

Déployer des forces de l'ordre nationalistes pour la sécurité des frontières, des personnes et de leurs biens.

Remettre les militaires dans les casernes et pourvoir à leurs approvisionnements réguliers en vivres.

Interdire l'offensive sur le terrain politique, à travers certains organismes implantés au Kivu, contre les instances nationalistes dont la Société Civile du Sud-Kivu par l'insécurisation de ses dirigeants et animateurs et la duplication de son leadership.

Liquider les arriérés des salaires des agents et fonctionnaires de l'Etat, des enseignants, des agents des forces de l'ordre.

Mettre en place la territoriale en tenant compte des capacités des dirigeants de gérer les conflits sociaux et de n'avoir pas participé, directement ou indirectement dans les crimes dont sont aujourd'hui victimes les populations de l'Est du pays.

Muter les soldats et policiers du Sud-Kivu dans d'autres provinces de la RD-Congo pour juguler la corruption qui les caractérise.

Mettre en application la Charte des Droits de l'Homme qui stipule que chaque personne se défende avant d'être condamnée.

b) Le domaine des médias

Réhabiliter toutes antennes relais de la RTNC pour permettre aux populations de l'Est de pouvoir suivre en direct et en différé les informations nationales et internationales ainsi que les débats publics des deux Chambres du Parlement de Transition.

Favoriser l'émergence de la presse écrite à l'instar des autres parties du pays qui n'ont pas connu la guerre d'agression-occupation

c) La vie sociale

Soulager tant soit peu les populations fraîchement sorties de la guerre par la prise en charge par le gouvernement des factures des consommations d'eau et d'électricité (Régideso et Snel).

Et également à mettre à charge du gouvernement les frais de scolarité des enfants d'écoles primaires, secondaire et professionnelles ainsi que les bourses d'études pour les étudiants des universités et Instituts d'enseignement supérieur.

Accorder les facilités et exonérations aux entreprises qui n'ont pas trempé dans l'agression directement ou indirectement, pour l'importation des médicaments, de véhicules utilitaires, d'équipements et fournitures scolaires, les intrants agricoles et tous les équipements de nature à favoriser la réhabilitation et la reconstruction de nos provinces de l'Est.

Certes, ce qui est relevé ci-avant n'est qu'un résumé des recommandations des mémorandums que les Bureaux de Coordination des Sociétés Civiles des provinces de l'Est ont déjà remis au Gouvernement de Transition. Les populations de l'Est ne demandent qu'une chose : «le retour de la Paix durable, la Justice et la Vérité, le tout dans l'Unité dans notre riche diversité ethnique, culturelle et linguistique». Incontestablement le développement de notre patrie en dépend. Si ces populations s'expriment par le biais de leurs sociétés civiles, c'est parce qu'elles ont encore confiance dans les Institutions de la Transition et donc le gouvernement a tout intérêt à entretenir cette confiance en accordant une attention soutenue aux desiderata du peuple, le véritable détenteur du pouvoir.