Eir Strategic Alert
05.12.96
Il devient de plus en plus évident que divers mouvements sécessionnistes émergeant actuellement au Zaïre sont soutenus par des conglomérats géants des matières premières, dont les sièges se trouvent essentiellement en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis. Leur objectif consiste à s'emparer des énormes richesses minérales du pays, fût-ce au prix de la mort de millions d'Africains. Le 27 novembre 1996, Le Monde indiquait que les zones dont les rebelles prennent actuellement le contrôle (Kivu) ou qu'ils convoitent (Kasaï et Shaba), représentent ensemble la "partie utile" du Zaïre: le Kivu est considéré comme le "grenier" du pays, disposant aussi d'énormes réserves de gaz naturel et de pétrole, tandis que le Kasaï regorge de diamants et que le sous-sol du Shaba est riche en cuivre, cobalt, manganèse, uranium, et autres minéraux.
Par la suite, le Monde révèle une information inédite, jusqu-là confidentielle: "le nord-est du Haut-Zaïre, (dont le chef lieu est Kisangani), recèlerait aussi or, diamants et pétrole; une concession de plus de 83.000 kilomètres carrés (plus de trois fois la superficie du Rwanda), vient d'y être octroyée à une compagnie américaine, dont le conseil d'administration compte un ancien Président américain, un ancien chef de la CIA et un ancien Premier ministre canadien." De source bien informée, l'"ancien Président américain" en question ne serait autre que George Bush, tandis que l'ancien Premier ministre canadien serait Brian Mulroney. Tous deux siègent au conseil d'administration de Barrick Gold, conglomérat minier basé à Toronto (Canada) et troisième extracteur d'or au monde. Bush dirige officiellement ce conseil d'administration en tant que haut conseil honoraire. Le 29 novembre 1996, un porte-parole de Barrick a confirmé que la société avait obtenu des droits d'exploration de matières premières au Zaïre. Barrick fait partie d'un holding dénommé Horsham Corporation, actuellement sur le point de fusionner avec la société immobilière Trizec, propriété de la famille Bronfman. Horsham appartient au financier d'origine hongroise, Peter Munk, qui siège aussi au conseil d'administration de l'empire de presse Hollinger appartenant au magnat Conrad Black. Munk a modelé le conseil d'administration de Barrick sur celui qui avait été au départ créé par Hollinger, comprenant Sir Henry Kissinger, la baronne Margaret Thatcher, Sir James Goldmith, etc. Munk a aussi des liens avec la famille royale britannique. Il est membre du Club 1001, l'association de collecte de fonds WWF dont le président international est le Prince Philip, l'héritier du trône britanique, le prince Charles a soutenu le projet immobilier Horsham-Trizec à Ludwigsfelde (Allemagne). George Bush lui-même a été ordonné chevalier par la reine Elisabeth II.
Quand on connaît le rôle historique joué par la famille Bush dans la promotion de l'eugénisme et de la dépopulation, il n'est pas surprenant de le voir aujourd'hui faire de l'argent grâce au génocide en Afrique. Dans un discours prononcé au Venezuela le 20 octobre 1996, l'ancien Président américain a cyniquement déclaré que les combats entre "Hutus et les Tutus" (comme il les appelle), était "un don". En effet, George, mais aussi son fils Jeb, ont des "intérêts d'affaires" au Zaïre. En fait, le père et le fils soignent les ambitions politiques de la famille. Bush senior consacre de fortes sommes, dont une partie provient de la générosité du Révérend Sun Myung Moon, pour que son fils George W., actuel gouverneur du Texas, puisse remporter l'investiture présidentielle républicaine en l'an 2000 (voir WI 45, 48/96). George W.Bush junior a déjà de facto reçu l'appui de l'Economist, magazine de la Cityt de Londres, dans son numéro du 30 novembre 1996 intitulé "Le prochain président George Bush".