Burundi-violences: Des militaires accusés d'actes de barbarie


Burundi-Bureau
Brève Nouvelle n°284
Bujumbura / Bonn
09.03.99


Des habitants des communes Kabezi et Muhuta se plaignent des actes de barbarie sur des populations civiles, commis régulièrement par des militaires de l'armée burundaise, qui ont pourtant la mission d'assurer leur sécurité. Des cas d'assassinat, de tueries, de tortures, de viol et de vol y sont fréquemment signalés.

Des militaires de la position Busenge, secteur Busenge, commune Muhuta ont tué le 20.01.99 deux vieilles personnes, Bariyengenga Berthe ( 75 ans) et Harushintuka Zacharie ( 78 ans). En date du 06.02.99, des tueries ont été commises dans le secteur Muhuta de la même commune, par des militaires de la position Muhuta. Trois personnes ont été tuées à l'arme blanche. Il s'agit de Bakamfobeke Michel , juge à Mubimbi), un jeune, fils de Nyandwi de la colline SITWE, et un autre jeune de 25 ans, originaire de la colline Magara.

Le 23.02.99, des militaires de la position Gitaza , zone Muhuta, commune Muhuta, ont tué cinq personnes : Hajayandi Stanislas ( 37 ans), Nyandwi ( 42 ans), Mme Joséphine ( épouse de Maniraho) et ses deux enfants. Ces personnes habitaient la colline de Gitunda. Le militaire qui commendait les meurtriers s'appelle Jean Claude Nahayo.

En commune Kabezi, collines SITWE-CERI-RUBURA, les militaires de la position de MASAMA ont sauvagement assassiné le 04 mars 1999 (Brève nouvelle 280), quatorze personnes qui ont été identifiées. Il s'agit de Nyabenda, fils de Sindakira (25 ans), Derege gabriel (35 ans), Baranyanka Félicien (37 ans), Bavakure Frédéric (36 ans), Harimenshi Gérard (40ans), Melchiade (38 ans), Nyabenda Frédéric (32 ans), Bampakariyo Jean (45 ans), Mujugu (27 ans), Bazira ( 40 ans ), Kibugura Daniel (37 ans), Bikugwa Gabriel (35 ans) Hicuburundi (62 ans), Sindakira Minana (30 ans).

Selon les témoignages recueillis, ces personnes ont été assassinées, alors que le chef de colline avait plaidé pour eux, demandant aux militaires de les relâcher, avançant que ce sont ses voisins immédiats et qu'ils sont innocents. Les militaires n'ont voulu rien entendre, et les ont conduites vers la colline où elles ont été froidement abattues à coups d'armes blances et de fusils, sous le commandement du militaire Kabirigi, lui-même jeune selon les témoins.

Le gouvernement qui avait promis de mener des enquêtes dans la région , surtout après le massacre de plus de 100 personnes dans la commune de Mutambu les 3 et 4 novembre 1998 continue à fermer les yeux sur ces crimes.