Jean-Bosco Barayagwiza
Prisonnier politique de l'ONU
Communiqué de presse
C/o UNDF - Arusha
17.06.01
Huit mois après le début du soi-disant «Procès des Médias», le Procureur manque toujours de preuves pour soutenir les accusations confectionnées contre Jean-Bosco Barayagwiza. Une vingtaine de témoins se sont déjà succédés à la barre mais aucun d'entre eux n'a pu fournir des éléments permettant de penser que Jean-Bosco Barayagwiza est l'homme dont Mme Carla Del Ponte a imposé la culpabilité lors de l'audience auprès de la Chambre d'Appel, le 22 février 2000, quand elle a exigé la révision de l'arrêt du 3 novembre 1999 qui avait ordonné sa libération.
On cherche en vain l'homme que M. Gérard Gahima, Procureur Général auprès de la Cour Suprême du Rwanda a présenté, ce même 22 février 2000, comme l'un des architectes du drame rwandais. Où est le coupable que le régime du FPR a peint en monstre pour exiger son maintien en détention? Est-il possible de manquer de preuves contre celui que les accusateurs qualifient d'architecte du drame rwandais? Peut-on imaginer que l'accusation puisse bafouiller devant la cour et soit incapable de soutenir valablement les graves allégations qu'elle a brandies devant la Chambre d'Appel pour l'amener à réviser son arrêt du 3 novembre 1999?
Il est vrai que le Procureur ne s'avoue pas vaincu. Il ne veut pas et il ne peut pas perdre la partie face à l'homme dont il a déjà obtenu la condamnation avant le procès. Il compte bénéficier, une fois de plus, de la connivence du régime de Kigali et de la complaisance des juges. L'objectif commun au Procureur et au régime du FPR est d'obtenir par tous les moyens la condamnation en bonne et due forme de Jean-Bosco Barayagwiza pour confirmer la condamnation a priori. Ils ont décidé de joindre leurs efforts pour donner aux juges quelque chose à se mettre sous la dent. Les syndicats de délateurs et de fabrication de faux témoins ont dès lors été mis à contribution. De nouveaux témoins sont sortis du néant. Mais leurs allégations pèchent par leur légèreté. Elles ne peuvent pas être raisonnablement soutenues devant un tribunal international qui serait indépendant, juste et impartial. Elles ne peuvent pas servir de base à une condamnation pour des crimes aussi graves que le génocide et autres crimes contre l'humanité. Sauf évidemment si les juges viennent, comme d'habitude, au secours de l'accusation selon l'aveu que Mme Carla Del Ponte a fait lors de la conférence de presse tenue le 13 décembre 2000.
Les juges continueront-ils à se compromettre pour défendre la cause perdue du Procureur? Cela n'est pas certain dans tous les cas. Tout d'abord, les juges ont besoin d'éléments, si faibles soient-ils, pour accrocher leur condamnation. Même si de tels éléments ne sont ni convaincants ni probants, ils pourraient s'en servir pour tromper l'opinion et lui faire croire que la justice a joué franc jeu. Malheureusement, pour le Procureur, dans l'affaire Barayagwiza, même ces éléments-prétextes manquent actuellement. Même si, en violation de la loi et de la jurisprudence du Tribunal, la Chambre donnait au Procureur la faveur d'introduire les témoins de la dernière heure, les éléments-prétextes continueraient à manquer, tellement les allégations de ces témoins sont insoutenables. Ensuite, les Juges du Tribunal et, spécialement, ceux de la Chambre I sont conscients que le monde les observe. Ce n'est pas exclu que certains d'entre eux se révoltent contre les pressions dont ils sont l'objet et décident d'appliquer équitablement la rigueur de la loi et de la justice à toutes les parties au procès. La Chambre I pourra-t-elle refuser de croire sur parole à ces colporteurs de mensonge et déclarer innocent Jean-Bosco Barayagwiza et ordonner sa libération immédiate? Rien n'est moins sûr, du moins pour le moment. Le choix n'est point cornélien. Pour ne pas devoir «fermer la baraque» comme le martelait Mme Carla Del Ponte, le 22 février 2000, les juges devront, encore une fois, répondre aux exigences du régime de Kigali. Faudrait-il, pour éviter ce chantage éternel, remettre le procès Barayagwiza à la fin de tous les autres procès? La justice serait, en tout cas, toujours perdante.